Band 
Tome premier.
Seite
114
JPEG-Download
 

14

PREMIERE PARTIE. — CHAPITRE DEUXIÈME.

Il est donc certain qu’elle a dû exister dès la plus haute and'quité, au moins à l’état rudimentaire, soit comme chemin de des-serte du fleuve, soit comme voie de secours lorsque les eaux tor-rentielles rendaient, pendant les crues, la descente périlleuse et

la remonte absolument impossible.

Les témoignages des géographes classiques d’ailleurs nousapprennent de la manière la plus certaine que le mouvement com-mercial de la Gaule était dû en grande partie à la navigation fl u 'viale.

Strabon ne cesse d’admirer l’heureuse disposition de la Celtique,dont les grands fleuves toujours navigables permettaient de péné-trer au coeur du pays et d’établir une communication à peu pr^ scontinue entre l’Océan et la Méditerranée. Les luttes des Séquaneset des Ædues au sujet des péages de la Saône sont la manifesta-tion de l’activité commerciale qui existait déjà depuis longtemps al’époque de la conquête (i).

Pour aller chercher l’étain en Bretagne ou aux îles Cassité-rides (2), dont ils faisaient un gros trafic, les Grecs massaliote savaient de très bonne heure préféré la voie du Rhône, si bm norientée vers le Nord, au détour par le détroit de Gadès, troplong et surtout gêné par la concurrence des colonies phéniciennes-Lorsque les crues du fleuve les obligeaient à suivre les chemins q ullongeaient la rive, le portage avait lieu à dos de cheval, et, d’ap^ sDiodore de Sicile, il fallait à peine trente jours pour faire cevoyage (3).

Les marchands tyriens connaissaient tous aussi la route

( 1 ) npèç ëè toù; ’AiSoCou; xal Sià -raO-ra (liv, à/.). 1 2 3 èirè tsive tîjv l)(6pav r tou

êpiç toO StetpyovToç aù-roùt;, éxaTÉpou toO EÛvO'j; àÇioûvto; elvai tôv 'Apapa xal èau' 11 ?itpoaiîxeiv Ta SiayM^ixà TéXï). (Strab., Geogr., 1. IV, c. ni.)

Cæsar, Bell. Gall., pass.

( 2 ) Oûte vrj-70-j; oI8a KauaiTepîSaç âo-Jcra;, èx t <5v 6 xaaaitépoç potTa

T; iayi~r; 8’ tov à ts xaaatTèp 0 ; X/J.LV çoitâ xal tô jjXsxTpov.

(Herodot., Hist., 1. III, cxv.)

(3) IJoXùç 8è xal èx PpeTTavixijî v^aov Siaxopite-cai itpo; t rjv xaTavttxpù xeipé^TaXaTÎav, xal 8ià -r^; pLEaoyEÎO’j KeXhxv)5 èç' ’mitwv intà T<ï>v èp/roptov âyetai it*P* ,toü;M aaaaXiwTaç xal et; t^v ovouaîopèvïiv iïoXiv Piapëûva. (Diod. Sic., 1. V, xXXVUp,

'Hptèpa; <iç Tpiâxovxa xaTayouaiv èm twv îicmov ta çopua Ttpà; Tr,v èxëoM v J’PoSavoO îtoiapioû. (Diod. Sic., 1. V, xxil.)