120
PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE DEUXIÈME.
n’appartiennent certainement pas à l’histoire. Tite-Live d’ailleurset la plupart des historiens latins n’ont fait que reproduire, en l eSarrangeant à leur façon, des traditions et des légendes héroïq ueS|originaires, selon toute apparence, de la Gaule elle-même, où l’° naimait à se représenter sous les formes les plus dramatiques l eSconquêtes et les voyages des générations disparues (i).
Mais la critique moderne commence aujourd’hui à jeter quelq uejour sur le fond un peu confus de tous ces vieux récits de guerre,et à dégager les faits réellement historiques des légendes un p eUmonotones dans lesquelles ils sont enchevêtrés. 11 est sans doutepossible que déjà dans le sixième siècle, sous le règne de Tarq uinl’Ancien, ainsi que le raconte, sans aucune preuve du reste, Td 6 'Live, et que l’ont successivement répété, d’après lui, presq uetous les historiens classiques et même les graves Bénédictins ( 2 )>une première armée gauloise ait fait irruption sur le versant itahe"des Alpes. Il est probable cependant que la plupart des auteursont reporté un peu trop haut la date de ces invasions, qu’il fe utles placer tout au plus vers le milieu du quatrième siècle avantl'ère chrétienne, à l’époque de la chute de la domination d eSÉtrusques en Italie, et que les premières expéditions de n ° sancêtres de l’autre côté des Alpes sont à peu près contemporain 6 ®des grandes migrations gauloises en Pannonie, en Thrace, e °Grèce et en Asie (3).
Quoi qu’il en soit, la route par la vallée de la Durance 6tMont Genèvre était la plus naturelle, la mieux dessinée, lu P^ uSfacile; et tout porte à croire que c’est elle qui fut suivie dès l eStemps les plus reculés. Une fois connue, elle fut presque toujo ufSadoptée. C’est par là certainement qu’ont passé les hordes ^ 6Bellovèse, les éléphants d’Hannibal et les premières légionsCésar.
« vYV
(1) Tite-Live, 1 . V, c. xxxm et seq. Cæsar, De bello Call., I. VI, c -
et seq. !
(2) Dom Cl. Devic et dom J. Vaissette, Hist. gêner, du Languedoc, 1 . h
(3) Voir le récit de ces expéditions dans VHistoire des Gaulois d’AMEThierry, I. I, ch. 1.