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Tome premier.
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SECONDE PARTIE. — CHAPITRE DEUXIÈME.

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Strabon, après Hippocrate, nous montre Ravenne, ville decréation pélagique, située au milieu des marais et bâtie sur pilotis.Aujourd’hui encore, les grandes villes des Bataves (Amster-dam, etc.), dans les lagunes de la mer du Nord, et celles desHénètes ( Henetia, Venetia, Venezia, Venise), dans les lagunesde l’Adriatique, ne sont évidemment que des habitations lacustresqui ont été plus ou moins reliées à la terre par suite des atterris-sements produits par les eaux de la Meuse, du Rhin, de l’Adig eet du Pô, et où les maisons de briques et les palais de marbre ontpris la place des chalets et des chaumières de l’âge primitif (i)-

Ce sont les mêmes procédés qu’ont conservés les pêcheursrusses établis dans les « limans » du Volga, que l’on retrouvedans la construction des huttes du Bosphore perchées à des hau-teurs diverses sur de longs pieux obliques et croisés comme lesrameaux entrelacés d’un arbre, et qui sont pratiqués encore patles Malais et les Chinois sur la côte de Bornéo, à quelque distancedu rivage.

On a maintes fois cité le récit détaillé que nous a laissé Héro-dote des habitations lacustres des Pœoniens sur les bas-fonds dulac Prasias. « Mégabaze, dit-il, essaya de soumettre les Pœoniensdu lac Prasias, dont les maisons étaient construites sur des pieuxélevés, enfoncés dans le lac. On posait à fleur d’eau des planchesjointes ensemble. Un pont étroit établissait la communicationavec le rivage (2). Les habitants plantaient autrefois ces pilotisà frais communs; mais, dans la suite, il fut décidé que chacun enapporterait trois du mont Orbelus à chaque femme qu’il épouserait-Sur les planches de chaque cabane se trouvait une trappe bienjointe qui conduisait au lac; et, dans la crainte que les enfantsne tombassent par cette ouverture, on les attachait par le piedavec une corde (3). »

Cette description est devenue presque classique et dépeintd une manière saisissante la physionomie de ces anciennes peu-

(1) Hist. gén. de Languedoc, t. I, note E. B.

( 2 ) .ItoSov (tt£iv9|v (irç) -ysçûpŸj. (Hérodote, liv. V, ch. xvi.)

(3) . au/yài yuvaïxaç. (Hérodote, Terpsichore, 1. V, ch. xvi.)