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Tome premier.
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284 SECONDE PARTIE.

— CHAPITRE DEUXIÈME.

venus remblayer des gouffres situés au pied des rochers. Lesmoindres cours d’eau, pendant la saison des pluies, à la suite desorages, dans la période de la fonte des neiges, déposent à leurembouchure des quantités considérables de matières meubles et yforment une plage sous-lacustre. L’un d’eux, la Dranse, dont ledébit, en temps de crue, est de 400 mètres par seconde, a donnénaissance, sur la côte savoyarde, entre Thonon et Êvian, a unvéritable delta qui a comblé depuis longtemps l’ancien estuaire dutorrent et a formé, sur l'alignement général de la rive, une saiH ietoujours croissante et qui atteindra bientôt trois kilomètres.

Vis-à-vis, sur la côte suisse, deux torrents d’importance beau-coup moindre, l’Aubonne et la Venoge, ont projeté aussi depetites protubérances dont la marche séculaire est cependant assezsensible; et il est évident qu’au bout d’un certain temps, les deuxrives, marchant sans cesse à la rencontre l’une de l’autre à traversle grand lac, formeront d’abord une barre sous-lacustre commecelle qui joint la pointe d’Yvoire à celle de Promenthoux, et fiuiront ensuite par se rencontrer tout à fait. Ce n’est qu’une questionde siècles.

A lui seul, le Rhône est un agent de colmatage et un « relT1blayeur » plus puissant et plus actif que tous les autres coursd’eau réunis qui se jettent dans le Léman. Il suffit d’ailleurs dejeter les yeux sur une carte du Valais, pour reconnaître à p remière vue qu’il a d’abord comblé l’ancien lac qui existait de Sm nà Martigny ; puis il a rempli de ses dépôts la gorge de Martignyà Saint-Maurice. A partir de la cluse de Saint-Maurice, il a en "^colmaté le large estuaire qui lui ouvrait l’entrée du Léman, et *continue tous les jours ce grand travail d’atterrissement. C aSaint-Maurice que commence aujourd’hui la plaine d’alluvions»c’était là que se trouvait autrefois l’ancienne rive du lac. Toutla plaine, de près de 90 kilomètres carrés, qui s’étend de SaintMaurice à Villeneuve et au Bouveret, était recouverte p areaux. Peu â peu le Rhône l’a enrichie de ses alluvions. Grainsable à grain de sable, il a remblayé toute la partie orientalelac sur une profondeur qu’il est difficile d’apprécier. Le village