296 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE DEUXIÈME.
ancienne ; et sa construction en revêtements de terre battue et engros blocs appareillés, sans ciment, est tout à fait identique àcelle de tous ces erdburgen, ainsi que les nomment les archéolo-gues allemands, qui étaient des lieux de refuge pour les non-com-battants, les femmes, les infirmes, les enfants, le bétail et lesprovisions, en cas de guerre et d’invasion, pendant la durée assezindéterminée de l’époque gauloise ou celtique (i).
La topographie ancienne de Genève différait alors d'une manièretrès notable de celle que nous voyons aujourd’hui. Le temps etsurtout les constructions modernes ont modifié profondément lerelief du sol. La jonction de l’Arve et du Rhône était autrefoisbeaucoup plus rapprochée de la ville; et il est aisé de reconnaîtreque tout le riche territoire couvert actuellement de jardins, demaisons et de grands établissements publics, et qu'on appelle « l aplaine de Plain-Palais », n’est qu’un ancien atterrissement del’Arve, dont les eaux d’inondation, à des époques relativementrécentes, sont venues recouvrir l’ancien domaine. Les crues dece torrent, qui sert d’écoulement à toutes les débâcles du massdu Mont-Blanc, et que les pluies et la fonte des neiges gonfl entd’une manière effrayante, ont, à plusieurs reprises, arrêté le coursmême du Rhône, l'ont forcé à remonter vers le lac, et quelquef° lSmême ont fait tourner à rebours les grandes roues pendantes desmoulins établis le long des rives à la sortie de Genève (2) •nom de Plain-Palais, du reste, indique très clairement l’ancienn econstitution marécageuse de cette partie des faubourgs de la viH e ’En rejetant tout de suite l’étymologie assez peu probable dePalatium, en souvenir peut-être de l’ancien couvent des Dom 1 2nicains, qui existait au confluent du Rhône et de l’Arve, on P eut
(1) On retrouve assez fréquemment des monuments de même nature a u s °^ emet d’un grand nombre de collines couvertes d’habitations plus récentes ° umanoirs du moyen Age, désignés, dans le langage populaire, sous les dénotions de château, châtel, châtelet, castellas, ckâtelard, châtillon, chdteh^ r >
F. Keller, Helvetische Denkmaler, I. Castelle und Refugien . Mém*Société des antiquaires de Zurich, t. XVI. ^
(2) Crues de l’Arve du 3 décembre 1570, du 21 novembre 165* e *
10 février 1711. Voir Gauffe, op. cit.