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Tome premier.
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SECONDE PARTIE. — CHAPITRE DEUXIÈME.

Cette division a été parfaitement maintenue après la conquête.Les Romains avaient, en effet, pour principe absolu et pourmaxime constante, afin de mieux s’assimiler les peuples vaincusou annexés, de ne rien changer à leurs mœurs, à leurs conve-nances, à leurs anciennes limites; ils se contentaient de les incor-porer tout d’une pièce dans le grand ensemble de l’empire, en leurconservant leur individualité et une certaine sorte d’autonomie.

C’est ainsi que, pendant les cinq siècles de l’occupation romaine,le Rhône et le lac ont continué à séparer deux provinces distinctes,la grande Séquanaise et la Viennoise, comme ils avaient séparé)au temps de l’indépendance, deux nationalités très nettementdéfinies, les Helvètes et les Allobroges.

Ces deux provinces furent divisées à leur tour en un certain,nombre de cités, civitates, qui jouissaient de certains privilèges etformaient autant de petits chefs-lieux pour les peuplades groupéesfédérativement autour de la métropole. Le pays de Genève était

l’une de ces cités et, par conséquent, qualifié sous l’empire du titre

de civitas. Les cités étaient subdivisées à leur tour en cantonS)agri, qui comprenaient un certain nombre de communes ; et cetteorganisation était tellement bien agencée et d’une ordonnance sibien entendue qu’elle s’est conservée dans l'administration eccle-siastique, bien après la chute de l’empire romain et presque jusqu anos jours. Aussi, lorsque le christianisme sortit de sa premièrepériode, et qu’à la grande époque des martyrs et des confesseurssuccéda celle des premiers empereurs chrétiens, ceux-ci s’emp reSsèrent de conserver à l’administration de l’église officielle et triomphante les anciennes divisions territoriales de l’empire et de l eSfaire servir de base à la hiérarchie de ses dignitaires. Les ctvtt ates furent ainsi naturellement désignées pour devenir des évêchésdont les titulaires furent les sufîragants-nés du chef spirituel de lamétropole de toute la province, c’est-à-dire de l’archevêché. LaViennoise eut par suite six grandes circonscriptions ecclésiastiq ueSou diocèses correspondants aux sept civitates de l’empire : SaintJean de Maurienne, Grenoble, Die, Valence, Viviers et enfinVienne, qui, en sa qualité de chef-lieu de la colonie, fut qualifia