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Tome premier.
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306 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE DEUXIÈME.

chacune de ses destructions. Il se composait naturellement dedeux parties, établies chacune sur l’un des bras du Rhône; et l adésignation de « pont du Rhône » s’appliquait non seulement auxdeux ponts proprement dits, mais à la rue qui traversait l’îl e etdont les vieilles chartes nous ont conservé la désignation : C arreria pontis Rodant, carreria supra pontem. Rodant.

Ce pont plus ou moins ruiné, tantôt par les hommes, tantôt p ardes inondations ou des cataclysmes, comme celui de l’année 5^3'dont il a été déjà question plusieurs fois, mais conservant to ujours ses vieilles assises romaines, était de temps immémoricouvert de maisons et présentait l’aspect de la plupart des ponts

italiens du moyen âge, et en particulier du Rialto de Venise

et du

Ponte-Vecchio de Florence, les deux types les plus pittoresq ueSet les plus connus. Il était fermé à ses deux extrémités par d eSponts-levis; et les assises primitives de la construction romain®étaient tellement massives, qu’on y avait successivement gr e ^ eune série de constructions parasites fondées sur pilotis et fl ulavaient jusqu’à trois et quatre étages et un nombre assez considérable de tours. Les anciennes arches du pont servaient de cavesou de bassins. L’eau du Rhône, dont le courant était très violentet qui formait au milieu de l’enchevêtrement des pilotis une sériéde chutes et de « rapides », était ainsi à la portée et littéralementsous la main des petits artisans groupés sur le pont. Plus d unmillier de personnes habitaient ainsi sur le fleuve ou sur le lac. On 'jvoyait réunis tous les métiers, surtout ceux qui pouvaient utihse rsurplace la force motrice du fleuve; des tanneurs, des chamo 1seurs, des distillateurs, des couteliers, des armuriers, des horl°gers, des fabricants de poudre à canon. Il y avait en outre surpont des cabarets et plusieurs hôtelleries importantes ; et quelque**unes dont les noms nous sont restés : — la Coupe, la Clef»Flèche, —étaient très achalandées. Il existait même, au miheu ^cette population industrielle entassée dans un si étroit espacesuspendue entre le ciel et l’eau, un assez bon nombre de famiU eSpatriciennes, dont les hôtels bâtis avec plus de solidité et de lu* e iaux toitures aiguës, et surmontés quelquefois de tours, contras