35 ° SECONDE PARTIE. — CHAPITRE QUATRIÈME.
César parle des anciens péages de la Saône, qui donnaient h eUà de fréquentes contestations entre les peuples riverains, l eSSéquanes et les Ædues ; et ces conflits sont un indice de l’innp or 'tance de la navigation à l’époque de la conquête (i).
Depuis longtemps, d’ailleurs, les trafiquants phéniciens et l eSmarchands grecs de Marseille fréquentaient le Rhône et la Saône-La légende d’Hercule, qui attribue au demi-dieu bienfaiteur etconquérant la fondation d’un comptoir au Mont-Auxois (Côte-d’Or), sur l’emplacement où devait s’élever plus tard l’Alesia cel-tique (2), suppose évidemment l’existence d’un centre de pop u 'lation dans la haute vallée de la Saône, au pied même des coteau*ondulés où se trouvent aujourd’hui la gracieuse petite ville et l eSbâtiments hospitaliers d’Alise-Sainte-Reine.
Deux ou trois cents ans après, les Grecs d’Ionie reprenaientipour leur propre compte, les voyages effectués par les commerçants de Tyr ; et l’on sait que la colonie grecque de Marseille ^greffée sur un ancien comptoir phénicien. A partir de ce momentice furent les marchands massaliotes qui donnèrent à la navigati° ndu Rhône son plus grand développement.
Le fleuve, en effet, par sa direction du Sud au Nord, p ar
nombre de ses affluents à peu près navigables, était, en réalité’
la route la plus sûre et la plus facile pour pénétrer au centre e ^
au cœur de la Gaule. Les Massaliotes faisaient en grand, aveC
leurs innombrables petits bateaux, le commerce de l’étain de B re
tagne; et de très bonne heure ils avaient préféré le chemin d u
Rhône au trajet maritime par le détroit de Gadès (Gibraltar) >
trop long et surtout encombré par la concurrence des colom eS
carthaginoises. Ils remontaient ainsi le courant, soit à l’avir 00 ’• . • Ils
soit à la voile, le plus souvent en halant leurs embarcations-faisaient alors un transbordement, traversaient avec des chari°* ;Sla partie centrale de la Gaule, et reprenaient ensuite le cours de i aL®ire, de la Seine et du Rhin, qu’ils descendaient jusqu’à l eUfS
(1) ”A).X’ êirsreivs -rrp êyjipav r, toû Tiorapioü épi; toü SisîpYOVTo; aÙTOÙc
lôvou; àîioùvTo; eîvai tov 'Apapa. (Strab., Gêogr., 1 . IV, c. 111, 2.)
(2) Diod. Sic., IV, xxiv. — Voir première partie, ch. 11, p. 65, notes
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