352 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE QUATRIÈME.
La remonte du Rhône n’était d'ailleurs pas toujours commodeen tout temps; et, pendant les crues ou les basses eaux, le com-merce suivait quelquefois, de la Méditerranée à la haute Loire*une route de terre plus ou moins sûre à travers les Cévennes etles montagnes du Gévaudan (i).
Mais le fleuve était, autant que possible, le chemin préféré etle plus ordinairement pratiqué ; et, quelle que fût la destinationdes navires phéniciens ou massaliotes qui remontaient vers l’Ouestet le Nord pour s’engager dans les vallées de la Loire, de la Seine*de la Moselle ou du Rhin, le confluent du Rhône et de la Saôneétait un point de passage que l’on ne pouvait éviter, une escaletout à fait obligatoire.
Là, se trouvait une grève plate formée d’alluvions, couverted’oseraies, le long de laquelle les bateaux pouvaient s’échelonnerà l’abri du courant et sur laquelle on dut établir de très bonneheure des baraquements et un entrepôt.
IV
La topographie des rives se prêtait d’ailleurs d’une manière trèsfavorable à l’établissement d’un centre de population suivant l eSbesoins assez modestes de ces époques éloignées de nous d'nn evingtaine de siècles.
Le confluent du Rhône et de la Saône n’avait pas lieu, comm ede nos jours, vis-à-vis du faubourg de la Mulatière. Toute la p reS "qu’île alluvionale qui forme le cœur de la grande agglomérationlyonnaise n’existait pas encore. Les deux cours d’eau se réunis-saient au pied même de la colline de la Croix-Rousse; et l’escar-pement des coteaux de Saint-Irénée et de Saint-Just, couronnémaintenant par l’oratoire de Fourvières, dominait alors non l arivière de la Saône, comme on le voit aujourd’hui, mais le Rhôn e
(i) P. Bial, Chemins, habitations et oppida de la Gaule du temps de César .(Mémoires de la Société d’émulation du département du Doubs. Besançon, s86id