LE CONFLUENT DU RHONE ET DE LA SAONE.
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ferres civiles. Antoine disparu, Octave devenait le seul maîtredu monde; et le monde, épuisé et meurtri, était heureux dereconnaître son autorité absolue et de se reposer sous sa protec-tion. Le Sénat, interprète fidèle de la lassitude générale et de lasoumission volontaire de tous, décida alors solennellement que le*renie d'Auguste serait honoré dans les mêmes conditions et sui-v ant les mêmes formules que les dieux Lares, non seulement à^°me, mais dans les provinces (x). Celui qui devait s appelerdésormais César Auguste devint ainsi plus qu’une autorité poli—tique, civile et militaire; il devint une véritable religion. Ce futP'us qu’un empereur, ce fut un dieu ; et, par un prodige d habileté,Ce dieu imposé par la force devint très rapidement un dieu aimé,respecté, populaire surtout, supérieur et préféré à tous les grandsdie ux de l’Olympe.
Après plus d’un siècle de désordres sanglants, de despotismeutilitaire ou aristocratique et de violences de toute nature, onPressentait une ère durable de calme et de repos. On avait la paixau dehors, la paix surtout au dedans, cette pax romana qui, malgré'es vices et les hontes du régime impérial, a assuré, somme toute,P e ndant près de trois siècles au monde civilisé d’alors la sécuritéc °utre les hordes barbares, l’autorité dans la vie civile et l’hu-U'aine justice pour tous. On perdait, il est vrai, la liberté, maisdepuis longtemps on n’en connaissait que les excès et les fureurs.Eu échange, on avait un pouvoir stable, la certitude dans le pre-Sent . 'a confiance dans l’avenir. Les provinces pacifiées recon-Uaissaient Rome maîtresse du monde, devant laquelle tous, petits^ grands sans exception, devaient plier le genou. Au demeurant,la chaîne était dorée, la vie et la paix assurées ; et la servitude futacc eptée comme un véritable bienfait.
L idée véritablement neuve d Auguste fut de diviniser 1 État^ s a personne et de mettre son culte à la portée de tous. Il n arriva
(l) Dion Cass., LI, 19.
Prœsenti tibi maturos largimus honores,
Jurandasque tuum per nomen ponimus aras.
(Hor., Epist., 1. II, 1, v. 15, 16.)