396 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE QUATRIÈME.
pas tout d’un coup à ce prodigieux résultat; et ce fut par gradations, avec une habileté consommée et une parfaite connaissant 6des besoins moraux et des instincts religieux du peuple, qu’il s associa d’abord et finit peu à peu par se substituer aux cultes l eSmieux établis.
A peine croyant, il commença par restaurer tous les templ eS ’et, après la bataille d’Actium, il se hâta d’en élever un nouveauà Apollon, très riche et très en vue, sur le Mont Palatin, affi rmant ainsi la protection divine dont il disait avoir été l’objet d anScette grande journée qui avait décidé du sort du monde. Partouil rétablit les anciennes cérémonies ; et afin d’avoir la haute unaU*sur le mouvement religieux qu’il dirigeait dans un but uniquempolitique, il remplaça, dans les collèges sacerdotaux, l’électionprêtres par la nomination impériale, et il se fit nommer success'vement chef de toutes les corporations religieuses, en particuh edu collège des frères Arvales, qu’il avait récemment reconstiet qui avait sur le peuple le prestige de l’ancienneté, d’un certaimysticisme, et toute l’autorité des vieilles formules qu’ontait depuis sept siècles sans les bien comprendre. Si l'on en cr01Suétone, il était dans le fond très irrévérencieux à l’endroitgrandes divinités ; mais il pensait que la religion était bonne P° ule peuple, qu’elle était une chose utile, un instrument de dorm n ^tion, une force sociale; et il entendait que son gouvernementcet instrument et cette force à son service (i).
Dans ce but, il s’attacha surtout à protéger le culte des o ^
Lares, modestes sans doute, mais bien autrement nombreus-i
surtout plus chers au petit peuple que les dieux solennels ^
l’Olympe, que l’on admirait de trop loin, et dont on se souci
en somme assez peu (2). A Rome et dans tout le monde rom air1 ’
chaque corporation, chaque maison, même la plus pauvre, entr et ^
nait avec soin le culte de dieux plus abordables, domestiq ueS
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familiers; c’étaient les Génies, les Mânes, les Pénates, les d
eût
(1) V. Duruy, Histoire des Romains, op. cit., ch. LXVI, ni. tiotr^
(2) Voir une belle dissertation sur le polythéisme au premier siècleère. (Villemain, Tableau de l’éloquence chrétienne au quatrième siècle.)