LE CONFLUENT DU RHONE ET DE LA SAONE. 417
Js une certaine mesure, les considérer comme plus touchants,Ptas tendres et plus délicats.
" Les morts qui n’avaient pas de tombeaux étaient regardésCo >nme des gens sans feu ni lieu; et les ombres régulièrementdomiciliées et bien établies les retranchaient de leur société.Existence des morts était faite à l’image de celle des vivants;et comme les anciens passaient la plus grande partie de la jour-née en dehors de leurs maisons, sur la place publique, dans lesé chopp es des artisans et autres lieux de réunion, à causer, à tra-der, à s’occuper des affaires communes, il est tout naturel queOdyssée nous montre les défunts réunis par groupes et devisantSUr le pré des Asphodèles, les femmes formant un groupe à partsé paré des hommes, comme elles l’étaient dans la vie réelle.
(< En somme, le grand point était de délivrer les âmes des ténè-Js souterraines où elles étaient temporairement confinées. Lesa 0ciens, les Grecs, les Orientaux surtout, aimaient passionné-ment la lumière. Sans lumière, point de joie. La nuit du tombeau,
' Q hscurité éternellement répandue sur l’empire des morts impri-maient à ce séjour une incurable tristesse, en excluaient toutk°nheur. Les rites accomplis sur les tombeaux avaient pour butde soulager les morts, de subvenir à leurs besoins; et le salutde leurs âmes, leur salut matériel, si l’on peut s’exprimer ainsi,^pendait en quelque sorte de la piété des survivants.
<( Chaque famille se figurait que les morts qui lui étaient cherslaissaient du bonheur qu’elle leur souhaitait, et que par contre cesm ° r ts rendaient aux survivants l’affection secourable qu’ils leurJoignaient. C’était un pieux échange. Pour chaque famille, lemembre chéri qu’elle avait perdu devenait alors un protecteur,^sque un héros; en Grèce, son tombeau s’appelait un Heroon;
* e s simples mortels étaient ainsi exaltés par la piété de leursi^ents au rang héroïque ( 1 ). »
Les morts tenaient donc, dans les sociétés antiques, une très
Ê (l > H. Weil, Psyché-Seeleticult und Unsterblichkeitsglaube der Griechen, von0 ’~ a ’" t Rohde-Erste Halfte. Fribourg in Brisgau, 1890. Journal des Savants,Ct °br e ,8 9 o.
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