418 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE QUATRIÈME.
grande place parmi les vivants ; et les tombeaux n’étaient pas rtlli ’
à l’écart comme chez nous, relégués dans des lieux déserts
presque oubliés. On les plaçait généralement le long des grandes
avenues qui conduisaient à la ville et dans les endroits les P
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fréquentés. Tout le monde connaît les longs alignements demonuments funèbres qui commencent aux portes de la Ville éternelle, suivent les voies Appia et Flaminia et se prolongent suplusieurs kilomètres dans le grand désert de la campagne romaineCes cimetières, placés aux portes principales de la cité, formaicomme une seconde ville, la ville des ancêtres, urbs priin° ŸUin 'et l’on était obligé de la traverser avant d’arriver à la vlmoderne. Les morts étaient ainsi sous le regard des passants)presque sous leur protection immédiate; et l’on donnait toujourun souvenir aux générations éteintes avant d’entrer en relatmavec la génération vivante. ^
Cette croyance que les âmes des morts erraient inquiètes
souffrantes tant que le corps n’avait pas reçu de sépulture conve
nable, et que ceux-là seuls jouissaient du repos et du bonheu
dans l'autre vie qui avaient été ensevelis selon les rites, ^
trouve à l’origine de toutes les sociétés; et c’est certainem
celle qui a le plus dominé la vie antique. Aussi, après aV
consciencieusement honoré ses morts, invoqué leurs mân eS 1
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pieusement entretenu leurs demeures , prenait-on unparticulier à se préparer un tombeau à soi-même. C’étaitsouci de tout le monde. On y songeait d’avance pour n’être P^pris au dépourvu. On tenait surtout à être enterré auprèssiens, dans une sépulture de famille. Les collèges, qui, p° ur ^pauvres gens, remplaçaient souvent la famille, avaient été aiamenés à construire pour leurs membres des sépultures com 111nés. Après avoir passé la vie ensemble dans les mêmes travauxles mêmes plaisirs, c’était une consolation de savoir qu’on re Pserait dans la même tombe. Un tombeau commun était alors co ^struit grâce ordinairement aux libéralités que les protecteurssaient aux collèges qui les avaient nommés (i).
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(r) Hist. gén. de Languedoc, t. I, notes, etc., passim. Voir sur le ca