LE CONFLUENT DU RHONE ET DE LA SAONE.
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m ême, pour terminer le spectacle, était précipité dans la rivière, auxa Pplaudissements des spectateurs (i). Ces excentricités ne sau-vent nous étonner. On sait, en effet, que Caligula était venu dans
Gaules avec un grand appareil de gladiateurs, de bouffons, dec °chers, de comédiens. Jeux et fêtes de toute nature, spectaclesdésordonnés, rançons arbitraires, dilapidations éhontées, capta-tions d’héritages, vente aux enchères sur le forum de la garde-r °be de ses sœurs et des bijoux de sa famille, apothéoses et tra-vestissements insensés, tout ce que l'imagination d’un despoted’Orient peut inventer d’extravagantes prodigalités, Caligula lebalisa à Rome d’abord, puis dans les Gaules et à Lyon, qui a étéP e ndant plusieurs mois le théâtre de ses énervantes folies.
Après cet énergumène, le règne du pauvre Claude fut pour tous,P°ur la Gaule surtout, un véritable bienfait. Les tables de bronze“ous ont laissé la marque précieuse de l’affection peut-etre exa-gérée qu’il porta à sa ville natale. Tout porte donc à croire que1<a Pogée de Lyon date du règne de celui qui était bien un véritableGaulois de cœur et de naissance. La plantureuse colonie dedanois, copia colonia, qui avait pris, dès l’origine de l’empire,
nom d’Auguste, colonia copia Augusta, ne pouvait moins fairePar reconnaissance que d’y ajouter celui de son nouveau protec-te nr Claude ; elle fut désormais désignée officiellement sous la déno-mination de colonia copia Claudia Augusta Lugdunensis.
Cette prospérité si rapide devait s’effondrer tout d’un coup.Cç nt ans exactement après sa fondation, sous le règne de Néron,la ville entière fut la proie d’un des incendies les plus formidablesd 0nt l’histoire ait gardé le souvenir. Une lettre éloquente de^énèque à son ami Lucilius, écrite sous l’émotion de la catastrophee t Accompagnée de réflexions de circonstance sur 1 instabilité desVs humaines et sur la mort, peut donner une idée de l’étenduedü désastre.
h) SuÉT., in Calig.
p . Artaud, Sur les médailles d’argent et de Tibère au revers de Lyon, notesS °9 et 2io. Lyon, 1820 .
brro Hirschfeld, Lyon à l’époque romaine, op. cit.