XX
LES SACRIFICES TAUROBOLIQUES, D’APRÈS PRUDENCE.
Summus sacerdos nempe sub ter-[ram scrobe
Acta in profondum consecmndus[mergitur ;
Mire infulatus, festa vittis temporaNectens, corona tum. repexus aurea,Cinctu gabino sericamfultus togam.
Tabulis superne strata texunt pul-\pita,
Rimosa rari pegmatis compagibus :Scindant subinde, vel terebrant
[aream,
Crebroque lignum perforant acu-
\mine,
Pateat minutie ut frequens hiatibus.
Hue taurus ingens, fronte torva[et hispida,
Sertis revinctus aut per armos
[ floreis,
Aut impeditus cornibus deducitur :Necnon et aura frons coruscat hos-
[ tiae .
Setasque fulgor bractealis inficit.
Hic, ut statuta est immolanda[bellua
Pectus sacrato dividunt venabulo :Eructât amplum vulnus undam san-
[guinis
Ferventis, inque textapontis subditiFundit vaporum flumen, et late[aestuat.
Le grand prêtre qui doit être con-sacré est plongé dans une fosse pro-fonde et creusée sous terre. Magni-fiquement vêtu, il a, comme auxjours solennels, le front ceint debandelettes et orné d’une couronned’or ; sa robe de soie est relevée à lagabienne.
La fosse est recouverte de planch esdont l'assemblage laisse des vides etdes fissures. On découpe ensuite, oubien on perce ce plancher de millepetits trous, pour établir une com-munication complète avec l'inté-rieur.
C’est là qu’on amène un taureauà la tête menaçante et hérissée. Desguirlandes de fleurs chargent sesépaules, ou embarrassent ses cornes.Le front delà victime est tout étince-lant d’or, et son poil reflète l’éclatdes feuilles du même métal.
Dès que le farouche animal est làfixé sur le lieu du sacrifice, on ou-vre sa poitrine avec le couteausacré ; un ruisseau de sang brûlants’échappe de l’ample blessure, serépand comme un torrent plein devapeurs, et bouillonne sur les aismal assemblés du pont.