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Tome second.
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LE RHONE MODERNE.

53i

M. Dupuy de Lôme avait imaginé, il y a une quinzaine d’an-nées, un type spécial de bateau en tôle à faible calaison et d’ungros volume, à l’aide duquel on aurait pu faire de très grandstransports. L’épreuve n’a pas donné de mauvais résulats; maisnn est resté malheureusement dans la période des essais.

Quelques années plus tard, 011 vit apparaître un type toutnouveau et qui ne manquait pas d’originalité, —le bateau-écluse.L’aspect extérieur était sensiblement celui d’un vapeur à roues derivière; mais l’aménagement était tout différent. Au lieu deporter des marchandises dans ses cales ou sur son pont, lehateau-écluse recevait dans sa coque un chaland tout chargé.L’appareil moteur était à l’avant, l’écluse où se logeait le chalandn l’arrière. La manœuvre était simple. L’écluse étant fermée, onY introduisait de l’eau par des vannes ; le bateau s’enfonçait peuà peu. Lorsqu’il était arrivé au tirant d’eau voulu, on détachaitL porte à charnières mobiles qui fermait l’arrière; le bateau s’ou-v rait, se séparant ainsi en deux. On approchait le chaland toutchargé et on l’introduisait dans l’intérieur du bateau-écluse, où ilctait fortement arrimé au moyen d’épontilles. On fermait alorshermétiquement la porte arrière; et au moyen d’épuisements, onSoulevait le bateau-écluse contenant son chaland, jusqu’à ce ques °n tirant d’eau ne fût plus que de 1 mètre à i m ,io. On avaitS-Ws ce curieux spectacle d’un bateau à vapeur, calant à peinePlus d’un mètre, transportant dans ses flancs une gabare toutechargée et de plus de 2 mètres de tirant d’eau. Arrivé à Arles ouh Saint-Louis, on faisait l’opération inverse; et le chaland, trou-ant alors un tirant d’eau plus que suffisant, pouvait gagner laMéditerranée sous la conduite d’un remorqueur.

Au point de vue purement technique, la conception était trèsSgénieuse. Un service régulier de bateaux-écluses put même°uctionner pendant quelque temps dans le bas Rhône entre^ardoise, Arles et Saint-Louis. Mais le coût de premier établis-saient du bateau, les frais d’entretien et de combustible d’unedouble machine de 500 chevaux de puissance nominale pouvant^crne développer 700 chevaux sur les « rapides » du fleuve,