548 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE ONZIÈME.
constant, sans courant sensible, et pouvant offrir à la batellerie q
les mêmes avantages à la remonte qu'à la descente. sa]
Tout est encore à faire sur le Rhône dans cet ordre d’idées, et Co
tout se fera certainement un jour. Il est donc permis d’envisager,dans un avenir qui malheureusement ne saurait être prochain, cu
l’établissement d’un grand canal latéral avec des écluses assez ,
spacieuses pour loger des trains de bateaux avec leur remorqueur. ^
Ce canal devrait avoir pour embranchement sur la rive droite le j
canal de Beaucaire à Cette convenablement élargi et aménagé- ( j
Sur la rive gauche, un autre canal, présentant les mêmes dimen- c ] e
sions, les mêmes types d’ouvrages d’art, pourrait être établi p Q
jusqu’à Marseille; et pour ce canal de la rive gauche, on aurait le VQ
choix entre deux solutions : l’utilisation et la transformation du q u
canal d’Arles à Bouc, et son prolongement le long du littoral, ou r j
la construction d’un canal entièrement nouveau qui se détacheraitdu Rhône un peu au-dessous d’Arles, traverserait la montagne e
de la Nerthe, et viendrait aboutir dans les bassins de notre grand j
port de la Méditerranée. La batellerie du Rhône aurait alors ses j
trois ports d’arrivée sur le littoral : Marseille, Cette, Saint-Louis;et la communication fluviale de la Méditerranée, avec le Nord de -
r
la France et les voies navigables de la Belgique et de l’Allemagne) Ç j_
serait ainsi assurée de la manière la plus parfaite (i). Ce canalt p
enfin, par des dérivations ou des emprunts judicieusement ména- ]yq
gés, serait, en même temps qu’une voie de transport, le principal ^
auxiliaire de la transformation agricole et industrielle de l a no
vallée. d’i
A prendre les choses de haut, il est évident que le Rhône> gj
dont la navigation présente, même après les travaux de régulari' CQ .
sation, des difficultés sérieuses, constitue, par le fait même de l a na
vitesse et de la masse de ses eaux, une force motrice immense, e c p,porte en lui le germe d’une richesse industrielle et agricole incom' ^
parable. Or, cette force et cette richesse passent tous les jours à q e
notre portée, sous nos yeux, et sont presque entièrement perdues- ^
(t) Voir Ch. Lenthéric, La région du bas Rhône. IV. Les canaux du RhoiV'
Paris, 1881, op. cit.