Band 
Tome second.
JPEG-Download
 

NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES.

555

recevant cette surcharge, leurs couches inférieures tendront à prendre unmouvement inverse qui ne pourra évidemment s’accomplir que sur lelarge espace des régions équatoriales où déjà existe d’ailleurs une petitedifférence de densité (i). »

Ouoi qu’il en soit de ces deux explications, elles conduisent à peu prèsau même résultat : de part et d’autre de l’équateur deux courants, l’uninférieur venant des pôles (alizés), l’autre supérieur en sens inverse (contre-alizés), dont la direction serait, si la terre ne tournait pas, celle du méri-dien. Nous retrouvons ainsi les conditions d’un fleuve dirigé suivant leméridien. Sans répéter le raisonnement de la page 269, on voit que lesalizés seraient déviés vers l’Ouest; les contre-alizés, au contraire, auraientune tendance à dévier vers l’Est. Mais les molécules qui constituent cesderniers proviennent, par suite de leur soulèvement (hypothèse de M. Faye)ou de leur ascension (hypothèse de l’aspiration), de régions plus bassesque celles où elles se meuvent. Près de l’équateur elles décrivent doncautour de l’axe terrestre, des cercles avec la vitesse linéaire, trop petitepour ces cercles, d’un point de départ inférieur; elles tendent à rester enarrière du mouvement de rotation, c’est-à-dire, pour un observateur placésur la terre, à dévier vers l’Ouest. C’est la combinaison de ces deux ten-dances transversales qui règle la marche des contre-alizés. Déviant d’abordvers l’Ouest, ils rebroussent ensuite chemin vers l’Est, décrivant ainsi destrajectoires de forme parabolique, dont les sommets sont répartis sur leparallèle de 25 degrés ou de 30 degrés.

Tandis que les alizés soufflant à la surface du sol sont parfaitementsensibles pour nous, les contre-alizés supérieurs ne se manifestent que parles cyclones, qui ne sont, selon M. Faye, que des tourbillons naissant dansces fleuves aériens et en descendant le cours à la manière des tourbillonshydrodynamiques que nous voyons si souvent se produire dans nos ri-vières. La marche des cyclones, que de nombreuses expériences nous ontrévélée, reproduit parfaitement celle que la théorie nous a indiquée pourles contre-alizés. Elle est si parfaitement connue, que les Américains nousannoncent par le télégraphe les tempêtes qui ont sévi chez eux avant deparaître chez nous (2).

On voit par là les effets de la rotation de la terre sur les mouvementsqui se produisent à sa surface. Mais comme ils sont la conséquence d’unerotation très faible, ils sont souvent faibles eux-mêmes. D’ailleurs, les phé-nomènes naturels sont en général complexes et dépendants de causes mul-tiples. Aussi les physiciens se sont-ils appliqués, dans des expériences

(1) Faye, Défense de la loi des tempêtes. Annuaire du bureau des longitudes,année 1875, page 483.

(2) Faye, op. cit., pages 503-508.