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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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LÉDUCATION.

familles jacobites, la tempête révolutionnaire en rejetait alorsquelques branches jusque sous les latitudes inhospitalières dulointain et barbare empire. Alexis faisait bon accueil à ces étran-gers, et Matviéief devait même en partie sa faveur à son allianceavec lun deux. Il y avait gagné aussi une certaine culture; illisait beaucoup, possédait une bibliothèque, un cabinet dephysique et un petit laboratoire de chimie. Nathalie prenaitplace à table avec ses parents adoptifs, parfois même avecleurs invités. Alexis commença par annoncer quil se chargeaitde lui trouver un époux, « lequel ne regarderait pas à la dot » ;puis brusquement prit son parti, se déclara. Artamon Sier-guéiévitch en fut plus effrayé que réjoui. Sa situation de favorilui faisait déjà assez dennemis. Dune famille aussi peu illustreque celle des Narychkine, il sétait poussé au premier rang,cumulait la direction de nombreux départements : affairesétrangères, monnaie, ministère de la cour, commandementdes Streltsy, gouvernements de la Petite-Russie, de Kasan etdAstrahan. Il demanda à être du moins couvert par les appa-rences. Nathalie dut paraître au dortoir du Kreml. Tous lesrites furent scrupuleusement observés; loncle dune belleprétendante eut même maille à partir avec la justice du Tsar,pour emploi de manœuvres frauduleuses au bénéfice de sanièce, reçut la question ordinaire et extraordinaire par leknoute, lestrapade et le feu (1).

Le mariage eut lieu le 22 janvier 1671, etle 30 mai (12 juin)1672 Nathalie Kirillovna mettait au monde un fils. Ce mêmejour Louis XIV fournissait à Boileau la matière dune épîtrecélèbre, en regardant son armée passer le Rhin sous la con-duite de Condé et de Turenne; ce même jour aussi, à lautreextrémité de lEurope, larmée turque franchissait le Dniester,pour donner la main à celle du grand roi, à travers lespace, etprendre lEmpire à revers. Ni de lun ni de lautre de ces deuxévénements, on ne prit grand souci à Moscou, au milieu desréjouissances provoquées par la venue au monde du Tsarévitch.

(1) Zabieuke, p. 268.