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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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LE KREML ET LE FAUBOURG ALLEMAND.

il

Trois siècles defforts, de tentatives civilisatrices disparais-sent dans le tourbillon de poussière soulevé sous les sabotsde cent mille chevaux. De cette ancienne Russie, européaniséepar la conquête, mais nullement dénationalisée grâce à laprompte absorption de lélément normand, numériquementfaible, par le milieu local, il ne reste rien. Au siècle suivant,entre 1319 et 1340, Kief et les pays environnants devien-dront la proie des ducs de Lithuanie, futurs rois de Pologne.Après Giédymine, Jagellon réunira sous son sceptre, en faisantune annexe du nouvel empire polono-lithuanien , tous les lam-beaux de lempire éphémère de Monomaque, Russie Rouge,Russie Blanche, Russie Noire, Petite-Russie, toutes lesRussies, suivant lexpression consacrée depuis. Et il ne san-nexera guère que des déserts. A ce moment, on pourra croireque lhistoire des Roui'ikovitch naura pas de suite.

Elle recommence plus loin, plus à lest de lénorme espacemarqué par la destinée pour lhabitation dun peuple innom-brable et le développement dun incommensurable devenir.Dans le bassin supérieur du Yolga, sur les bords de laMoskva, au milieu dune rare population finnoise, une ché-tive bourgade, protégée par un château fort, était devenue, de-puis le douzième siècle, la demeure et lapanage dun des des-cendants de Rourik. Plusieurs fois détruite, au cours de luttesincessantes avec les Rourikovitch voisins, balayée elle aussipar linvasion mongole, elle se relevait, elle grandissait, elleformait, dès le commencement du quatorzième siècle, le noyaudune agglomération nouvelle déléments normands, slaves etfinnois. Adoptant pour loi une soumission docile au joug duconquérant asiatique, elle arrivait à sen faire un instrumentdorganisation, de police intérieure et dexpansion au dehors.Elle prenait sur elle, humblement, patiemment, habilement,dêtre lintermédiaire, agréé dune part parce que très utile,subi dautre part parce que nécessaire, dans les relations entrele conquérant et les populations conquises ; elle savilissait aurôle de percepteur dimpôts pour le compte du maître commun,de policier, de bourreau même, au besoin. Elle cheminait