L’ÉDUCATION.
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ainsi qu’avait fait Ivan, sous prétexte de les empêcher derecommencer ailleurs leurs chefs-d’œuvre ; mais le tsar Michels’avisant d’engager à son service le fameux Oelschlager (Olea-rius), on parlait de jeter à l’eau le sorcier; il y avait révolte àla cour et émeute à la ville. Un autre étranger, donnant àdîner à des seigneurs de marque, les voyait avec surprise fairemain basse sur la table et remplir leurs poches (1). Au Kreml,Polonais et faux tsars ayant été mis dehors, rien n’a bougé.Avant qu’on l’en chassât, Pierre n’y a jamais vu d’autresvisages que ceux de son entourage intime. Allant à l’église ouau bain, une double haie de nains, porteurs de rideaux entaffetas rouge, le suivait, prison mouvante prolongeantl’autre (2). L’enfant y étouffait; il respire à Préobrajenskoïé.Un jour, rendu au grand air et au libre mouvement dans l’es-pace, il s’aventurera sur les bords de la Iaouza, et, quand ilaura vu la Sloboda, il n’en voudra plus sortir. Il y appelleratoute la Russie.
Mais de sombres moments l’attendent encore, l’épreuve dé-finitive du régime asiatique.
IV
Féodor, le fils aîné et le successeur d’Alexis, meurt en 1682,sans laisser de postérité. A qui l’héritage maintenant? Depuisla mort du dernier descendant de Rourik (1598), le trône a été,presque toujours, occupé révolutionnairement. Boris Godounofl’a conquis grâce à une série d’assassinats; Dimitri, grâce auxsabres polonais. Yassili Ghouïski l’a dû à une élection aristo-cratique; Michel Romanof, aune élection populaire. Un sem-blant de droit dynastique est bien sorti de cette dernière;pourtant l’avènement d’Alexis a encore été précédé, croit-on,
(1) Solovief, t. XIV, p. 112.
(2) Kotochihike, La Hussie sous le règne d'Alexis , Pétersb., 1884, p. 19.