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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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LA TSAREVNA SOPHIE.

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Lhomme est curieux à plus dun titre ; dans lhistoire con-temporaine de la Russie, dans celle de Pierre lui-même, ilmarque une date. Mieux que Matviéief, en traits plus saillants,il accuse cette lente préparation, cette évolution intellectuelleet morale, dont on a pu depuis exagérer lampleur, mais quia certainement précédé lapparition du grand réformateur etqui a rendu possible son œuvre. Il personnifie cette élite dontjai parlé, et au sein de laquelle des hommes tels que Morozof,Ordine Nachtchokine et le patriarche Nicone lui-même, inau-guraient déjà, sous les règnes précédents, les temps nouveaux,lère révolutionnaire. Ayant depuis plusieurs années pris unepart considérable au gouvernement du pays, il nest pas restéétranger à labolition du miestnitchestvo , coutume dessencetout à fait asiatique, daprès laquelle un sujet du Tsar ne pou-vait occuper, par rapport à un autre sujet, une place inférieureà celle quun de ses ancêtres aurait occupée quelque jour parrapport à un ancêtre de lautre ; obstacle infranchissable à unesélection judicieuse des capacités, source inépuisable de que-relles, sénervait laction du gouvernement. Il a songé àorganiser une armée régulière. A en croire La Neuville, ilallait beaucoup plus loin encore dans ses projets davenir,rêvant au delà de ce que Pierre osera tenter : les paysansaffranchis et rendus propriétaires, la Sibérie civilisée et cou-verte de routes postales. Bien quempêché de se rendre enChine, à lépoque de la toute-puissance du futur régent,retenu à Moscou, le Père Avril lui-même rend hommage à sonesprit libéral. Les autres boïars ont pesé sur la décision deleur collègue, en haine du catholicisme (I). Galitsine parle lelatin couramment et lécrit avec élégance ; il fréquente aufaubourg allemand et y entretient des relations intimes; ilreçoit lÉcossais Gordon à sa table et se fait soigner par le mé-decin allemand Blumentrost; le Grec Spafari, que lon aper-çoit dans son entourage et qui, grâce à lui, occupe une placeen vue dans le bureau des affaires étrangères (Posolskiï Pri-

(i) Voyage en divers pays de lEurope, Paris, p. 314, 1692.