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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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LÉDtJCATION.

Bien conseillé par son entourage, Pierre refusait sa sanction.Elle passait outre : ce'tait le conflit ouvert. Généraux et offi-ciers, comblés dhonneurs et de pensions, allaient à Préobra-jenskoïé pour remercier le Tsar; il refusait de les recevoir :cétait la rupture.

II

Vient la nuit historique du 7 au 8 août 1689; une lumi-neuse nuit dété que les contradictions de lhistoire et de lalégende ont malheureusement obscurcie. Voici ce qui y paraîtde plus clair. Pierre est tiré brusquement du sommeil par destransfuges échappés du Kreml, qui viennent lavertir que laTsarevna a réuni une troupe armée pour lassaillir à Préobra-jenskoïé et le mettre à mort. Bien nest moins prouvé que laréalité de cet attentat, rien nest même moins probable. Desdocuments réunis par le mieux informé des historiens russes,Oustrialof (1), lévidence semble au contraire ressortir queSophie ne songeait ni ne pouvait même songer, en ce moment,à une attaque sur le camp de Préobrajenskoïé. Elle le savaitbien gardé, tenu sur un pied de guerre, à labri de toute sur-prise. Elle redoutait plutôt ou peut-être feignait de redouterun mouvement offensif des « régiments de plaisance » , trèsentraînés, très ardents, brûlant de se distinguer par un coupde main hardi. Cétait, nous le savons, son habitude de feindrela frayeur, pour donner aux Strehsy ou à la populace deMoscou lenvie de la défendre. Elle était si peu disposée à agirqu elle ignora jusquau matin 1avertissement porté nuitam-ment à son frère et ses conséquences. Depuis longtemps,Préobrajenskoïé et le Kreml étaient ainsi de part et dautresur le qui-vive, se surveillant, se soupçonnant et saccusantdattentats imaginaires. Le mois davant, visitant Pierre dans

(1) Voy. t. II, p. 56.