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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L’ÉDUCATION.

il ne répond que par des paroles évasives. C’est le signal irré-médiable de la défection.

Mais la Régente elle-même ne donne pas encore partiegagnée à son frère. Elle sait ce qu’elle a à attendre de lui. Déjàles chefs des raskolniks insurgés lui ont crié en envahissant leKreml : « 11 est temps pour vous de prendre le chemin ducloître. » Elle aimerait mieux lamort! Elle dépêche à la Troïtsades messagers de paix; elle y envoie le patriarche. L’augusteparlementaire juge l’occasion bonne pour y signer sa paix par-ticulière, et paraît aux côtés du Tsar à une réception solen-nelle des officiers et soldats déserteurs, dont le nombreaugmente chaque jour. Elle se décide à risquer son va-tout ety va elle-même. À mi-chemin, au village de Vosdvijenskoïé,témoin sept années plus tôt du guet-apens dans lequel esttombée la tête de Hovanski, Boutourline l’arrête. Défense d’allerplus loin. Et une troupe armée qui suit le boïar apprête ses mous-quets. Elle bat en retraite, mais tient bon encore, prodiguantdes caresses aux Streltsy, dont le plus grand nombre, retenuspar la complicité du passé, la crainte de représailles, l’appâtde récompenses nouvelles, lui demeurent fidèles. Ils font ser-ment de mourir pour elle, mais, toujours turbulents et indisci-plinés, ils paraissent le 6 septembre devant le Kreml, réclamant,pour le livrer à Pierre, Chaklovityï, le confident, le bras droitet l’amant intérimaire de la Tsarevna. Ils prétendent en faireun bouc émissaire, une victime expiatoire, dont le châtimentapaisera la colère du Tsar, et mettra tout le monde d’accord.Après une belle résistance, elle finit par céder, et désormais ilest clair qu’elle ne peut plus compter sur rien ni sur personne.

Chaklovityï aux mains de Pierre est une arme terrible. Misà la question, il fournit, sous les coups du knoute, tous leséléments désirables du réquisitoire dont les partisans du Tsaront besoin contre Sophie et ses adhérents. L’écho de ses dépo-sitions tire Yassili Galitsine lui-même de sa retraite et le con-duit à la Troïtsa , soumis et repentant. C’est la fin. Pierrerefuse de le voir; mais, l’intervention de Boris aidant, il consent à ne pas se montrer trop sévère. On exile l’ex-Régent à