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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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EN CAMPAGNE.

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] s’est fait construire là une maison en bois, sans étage. Lesl fenêtres avaient des vitres de mica ; une aigle à deux têtes| placée au-dessus de la porte d’entrée et sommée d’une cou-\ ronne en bois doré faisaittout l’ornement de l’humble demeure.Mais on y passait de gais moments. Le chantier était à quel-ques pas; il n’est pas probable que Pierre y travaillât pendantles fréquents séjours qu’il faisait en plein hiver sur les bordsde sa «petite mer». En février 1692, on avait toutes lespeines du monde à l’en faire revenir pour une audience à don-ner à l’envoyé du schah de Perse (1). C’est sans doute que,l’endroit étant écarté, à l’abri de la surveillance maternelle,d’autres curiosités moins bienveillantes, il s’y trouvait plus à\ son aise pour d’autres passe-temps. Ceux-ci étaient partagés(par de nombreux compagnons, fréquemment conviés de Mos-jcou. Leurs équipages croisaient, sur la route, des caravanes(portant des tonneaux de vin, de bière, d’hydromel, ou desbarils d’eau-de-vie. Il venait aussi des dames. Au printemps,isur le lac rendu à la navigation, les travaux et les exercicesreprenaient; guère sérieux toujours. Un an avant la campagned’Azof, Pierre ne sait pas encore où il utilisera sa future flottede combat, sur quelle mer et contre quels ennemis; mais il[sait déjà que Lefort, qui n’a jamais été marin, en sera l’amiral;que le vaisseau sur lequel il hissera son pavillon s’appelleral ’Éléphant ; que ce vaisseau aura beaucoup de dorures, d’excel-lents matelots hollandais et un non moins bon capitaine, qui|sera Pierre lui-même (2).

j Le dernier voyage du jeune Tsar à Péréiaslavl a lieu enmai 1693 ; il ne doit revoir son lac et son chantier que trenteans plus tard, en 1722, sur le chemin de la Perse. La flot-tille d’eau douce, qui lui a donné tant de peine et tant dejoie, et qui n’a jamais servi à rien, lui apparaît alors dansun délabrement complet, bois et gréements pourris, horsd’usage. Il se fâche : ce sont des reliques ! Il donne des ordres

(1) Gordon, Journal, 16 février 1692.

(2) Posselt, Der General und Admirai Franz Lefort, Francfort, 1866, t. II,p. 313-315.