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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L’HOMME.

qu’à la dernière goutte de son sang pour le service de ce sou-verain de fantaisie. En même temps, Zotof, son ancien pré-cepteur, était créé archevêque de Presbourg, patriarche desrives de la Iaouza et du Koukout entier (surnom d’origineincertaine donné au quartier du faubourg allemand ); TihonNikititch Strechnief devenait Pape ; on lui écrivait : « TrèsSaint Père « et « Votre Sainteté », et on exigeait que lesréponses fussent dans le même style, eussent-elles le caractèrede lettres d’affaires ou de rapports officiels. Romodanovskiadressait les siennes « à Monsieur le bombardier PierreAléxiéiévitch », et terminait, de souverain à sujet, par unesimple formule de bienveillance. En mai 1703, après la prisede Nienschanz, Pierre, servant de secrétaire au feld-maréchalChérémétief, rédigeait de sa main un rapport « au Roi »,c’est-à-dire à Romodanovski, pour lui annoncer que lui etMenchikof avaient été, sauf l’approbation de « Sa Majesté » ,promus par le feld-maréchal au grade de chevaliers de Saint-André. Et le parti pris est si absolu qu’il survit aux acteurs dela burlesque comédie ; en 1719, Féodor Romodanovski venantà mourir, titre et privilèges de sa royauté imaginaire passentà son fils Ivan, et, félicitant par une lettre de sa main lecapitaine Siéniavine d’une victoire remportée sur mer, Pierrese dit assuré de la satisfaction qu’en éprouvera « SaMajesté (1) ».

Le 3 février 1703, il écrit à Menchikof, en l’appelant «moncœur », pour lui faire part de l’inauguration d’un fort, con-struit dans une terre dont il lui a récemment fait présent etbaptisé du nom d’Orenienbourg. C’est maintenant Ranen-bourg, dans le gouvernement de Riazan. Le métropolite deKief a présidé la cérémonie. Ce prétendu métropolite n’étaitqu’un des compagnons de plaisir du vrai souverain et nonpas l’un des moins débauchés, Moussine-Pouchkine. Un plande la forteresse est joint à la lettre avec l’indication, faitecomme il suit, des noms donnés aux bastions :

(1) Golikof, t. VII, p. 264.