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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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PRINCIPES ET PROCÉDÉS DE GOUVERNEMENT. 187

fond, il ne l ’imaginepas sans sa participation. De là son indif-férence en matière dynastique. Ce n’est pas le déluge qu’ilvoit après lui, c’est presque le néant.

Ses droits et ses devoirs, comme il les comprend, sont enRussie une nouveauté. L’organisation tout entière du pays,vie politique comprise, a reposé jusqu’à lui sur l’idée defamille. Le tsar Alexis, son père, n’était encore que le chefd’une race et d’une maison. Pas de société ; aucun soupçon dedroits et de devoirs réciproques. C’est la notion et la manièred’être orientale. Pierre arrive de l’Occident, portant dans sonbagage un principe social qu’il fait valoir avec son parti prisd’outrance habituel. Il se proclame le premier serviteur deson pays et pousse cette idée jusqu’à des conséquences ex-trêmes et bizarres. En 1709, il écrit au feld-maréchal Chéré-métief, lui demandant son appui auprès du Souverain, c’est-à-dire de Romodanovski, pour le grade de contre-amiral,plaidant sa cause avec humilité, exposant ses états de service.En 1714, il reçoit et accueille sans regimber une réponsenégative du collège de l’Amirauté, auquel il s’est adressé pourmonter à un grade supérieur. En 1723, étant à Revel avec saflotte, il se fait donner un certificat de médecin pour obtenirdu grand amiral la permission de coucher à terre (1). S’étantfait bâtir une maison de campagne près de Revel, Catharinenthal(la vallée de Catherine), il s’étonne, à la première visite qu’ily fait, d’en trouver le parc désert. Imagine-t-on qu’il a faittravailler tant de monde et dépensé tant d’argent pour luiseul? Le lendemain, les habitants de Revel apprennent par lavoix du crieur public que le parc est à eux, et qu’ils peuvents’y promener à leur aise (2). Aussitôt après son avènement, ila fait deux parts des biens très considérables amassés par sonpère et son grand-père. A la faveur des privilèges et mono-poles attribués au Souverain, le tsar Alexis était arrivé à pos-séder jusqu’à 10,734 diessiatines de terre cultivée et 50,000

(1) Sbornik, t. XXV, p. 152; Golikof, t. V, p. 257 ; Bergholz, BüschingsM., t. XXI, p. 281.

(2) SCHERER, t. III, p. 65.