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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L’HOMME.

d’origine. Voisinant avec le tilleul, des chênes majestueux por-tent le nom de nourrissons du Tsar (Piélrovskiïé Pitomtsy). Illes a plantés. Il a fait pousser aussi, avec de la graine par luirecueillie dans les montagnes du Hartz, les pins qui, non loinde là, ombragent les abords du château. Car il y eut aussi unchâteau dans cet ermitage baptisé du nom de Strielna.Catherine devenant impératrice, il avait fallu pourvoir auxexigences nouvelles de sa situation, loger une cour. Mais alorsPierre avait soudain pris en dégoût sa villégiature. Elle deve-nait trop peuplée et trop bruyante. Il s’en débarrassa en enfaisant cadeau à sa fille, la grande-duchesse Anne (1722), ets’en fut à Péterhof (1). Hélas ! la cour impériale et les cour-tisans l’y suivirent. Péterhof à son tour vit s’élever un palaisde plus en plus somptueux, avec un parc à la française et desfontaines imitées de Versailles. Du moins Pierre se refusa à yloger lui-même ; il eut à proximité sa maison hollandaise, quiporte aujourd’hui encore ce nom. Très simple toujours, éloi-gnée quand même, elle aussi, de la rusticité première, paréed’un peu de luxe flamand. La chambre à coucher, fort étroite,a, sur ses murs blancs, un revêtement de carreaux en terre cuite,proprement vernis ; le plancher est couvert d’une toile cirée àfleurs, et la cheminée s’embellit avec les plus magnifiqueséchantillons de porcelaine de Delft. De son lit, Pierre pouvaitapercevoir Kronsloot, et y compter les bâtiments de sa flotte.En quelques pas il gagnait un petit port, d’où sa chaloupele conduisait par un canal jusqu’à l’embouchure de la Néva.

Les habitudes nomades du Tsar aidant, ses maisons decampagne se multiplièrent. Il en eut une à Tsarskoïe-Sielo,en bois comme les autres, avec six chambres qu’il partageaparfois avec Catherine. Une légende assez suspecte veut quele nom de cette localité, rendue plus tard si célèbre, vienned’une dame Sarri, chez laquelle Pierre serait venu de temps àautre boire du lait. Saari-mojs, nom finnois du lieu, voulantdire : « village supérieur » ou « exhaussé » , semble fournir

(1) Pylaief, Le passé oublié des environs de Saint-Pétersbourg , Pétersbourg,

1889, p. 210.