TRAITS INTIMES.
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de gauche, de salle à manger et de chambre à coucher (1).
Une chapelle est établie aujourd’hui dans cette dernière, etles fidèles viennent y prier et y allumer des cierges devantune image du Sauveur, au bas de laquelle Élisabeth a tracé lespremières paroles du Pater. J’y ai toujours vu une foule com-pacte. Dans l’autre pièce on a réuni quelques souvenirs :meubles en bois, façonnés par le grand homme et, hélas !embellis en 1850, une armoire, deux commodes, une table,un escabeau sur lequel il avait coutume de s’asseoir devant saporte pour prendre le frais et regarder son pavillon flottant enface sur les remparts de la P éiropavloskaîa Kriépost ; des usten-siles encore, des outils dont il s’est servi.
Mesurant dix-huit mètres sur six à peine, si peu spacieuseet si peu luxueuse, la maisonnette était chère à son maître.Quand il crut devoir la quitter pour se loger dans un palais,très modeste encore, ainsi que je l’ai dit, il la regretta. S’ilaimait d’ailleurs à bâtir des villes, il ne se plaisait guère à yhabiter. En 1708, il en vint à se chercher une résidence pluschampêtre dans les environs peu séduisants de la capitale deson choix. Il commença par jeter son dévolu sur un endroitécarté au bord de la Strielka, petite rivière aux eaux fraîcheset rapides ; s’y construisit en une saison, mettant lui-même lamain à la besogne, un logis plus confortable déjà, avec deuxsalles et huit chambres : Catherine était là maintenant, et lesenfants venaient. Il n’en reste plus aucune trace. Mais on voità côté un énorme tilleul, dans les branches duquel un berceauétait établi ; on y montait par un escalier, et Pierre y allaitfumer et boire du thé dans des tasses hollandaises, en faisantchanter un samovar rapporté aussi de Hollande, car cet usten-sile, nationalisé depuis et répandu en Europe sous son nompittoresque (2), est venu de là-bas avec le reste. On n’a fait enRussie qu’y substituer le chauffage par la braise, plus écono-mique, au chauffage par l’esprit-de-vin pratiqué dans le pays
(J.) Bouluakovski, La maison de Pierre, Pétersb., 1891; Roubane, Descrip-tion topographique de Saint-Pétersbourg , Pétersb., 1779.
(2) Samovar veut dire en russe : qui bout tout seul.