TRAITS INTIMES.
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la main à la Reine, il s’est même ganté, « d’un gant assezsale (1) » .
Le Tsar porte avec lui son couvert : une cuiller en boisavec une garniture d’ivoire et le couteau et la fourchette enfer avec des manches en os vert. Il affectionne les mets simplesdu pays, le chtchi, le kacha, le pain noir, ne mange jamais deplats sucrés ni de poissons, son estomac ne s’en accommodantpas. Les jours de grand jeûne, il se nourrit de fruits et defarineux. Pendant les trois dernières années de sa vie, cédantaux instances de ses médecins, il s’interdit de temps en tempsl’usage ou tout au moins l’abus du vin. De là une réputationde sobriété, dont quelques voyageurs venus en Russie à cetteépoque, Lang, entre autres, qui accompagna le souverainpendant la campagne de Perse, se sont faits les propagateurs.Il boit alors du kislyié-chtchi (kvass aigrelet), aromatisé avecdu baume d’Angleterre, mais ne résiste pas à la tentationd’y ajouter quelques verres d’eau-de-vie. Ces périodes d’absti-nence sont d’ailleurs courtes ; vite il retourne à ses habitudes,évitant seulement le mélange des boissons alcoolisées, s’entenant aux vins du Médoc et de Cahors. En dernier lieu, surles conseils du médecin écossais Ereskins, qui le soigne pourune diarrhée, il adopte le vin de l’Ermitage (2).
Le service de ses écuries n’est pas compliqué. Je vois dansles remises du palais deux carrosses à quatre places pour l’Im-pératrice, le cabriolet, que nous connaissons déjà, pour l’Em-pei’eur, et c’est tout. Ce cabriolet était peint en rouge et trèsbas ; un petit traîneau le remplaçait en hiver. Jamais Pierrene monte dans un carrosse, si ce n’est quand il s’agit de fairehonneur à quelque hôte de distinction ; et alors ce sont leséquipages de Menchikof qui servent. Le favori en avait de su-perbes. Même quand il sortait seul, six chevaux habillés deharnais en velours cramoisi avec des ornements en argent eten or le traînaient dans une voiture toute dorée en formed’éventail ; ses armes étaient sur les panneaux, une couronne
(1) Lettre au comte Flemming, Sbornik, t. XX, p. 59.
(2J Staehun, p. 272 et suiv.
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