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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L’HOMME.

la chasse prend fin dans une confusion générale. C’est Pierrequi propose le lendemain de recommencer, et les chasseurspris au piège qui s’y refusent, très maltraités d’ailleurs pour laplupart, obligés de garder le lit (1).

Il déteste les cartes, amusement de filous, dit-il. Dans sesarmées de terre et de mer, défense est faite, sous les peinesles plus sévères, de perdre plus d’un rouble par soirée. Quel-quefois, pour complaire à des marins étrangers, ses hôtes, ilconsent à faire une partie de gravias hollandais. Il joue volon-tiers et bien aux échecs. Il fume et prise. À Koppenbrügge,en 169", il fait échange de tabatières avec l’Électrice de Bran-debourg. Son plaisir par excellence, sa passion maîtresse, —c’est d’étre sur l’eau. A Pétersbourg, quand la Néva était déjàaux trois quarts prise, n’y restât-il que cent pieds carrés d’élé-ment liquide, il s’obstinait à y naviguer dans la première bar-que venue. Souvent aussi, au plus fort de l’hiver, il faisaitpratiquer dans les glaces un étroit chenal et s’y livrait à sonsport favori (2). En 1706, arrivant dans sa capitale, il trouveles rues submergées et deux pieds d’eau dans les chambres oùil doit loger; 'il bat des mains comme un enfant (3). Il ne sesent vraiment à son aise qu’à bord d’un navire quelconque.Pour le faire coucher à terre, quand un port est à proximité,il faut une maladie grave. Encore prétend-il mieux se soigneren prenant la mer, et à Riga, en 1723, sous le coup d’uneviolente attaque de fièvre tierce qui l’a d’abord engagé à dé-barquer, il fait porter son lit à bord d’une frégate, y surmonteson mal et attribue sa guérison à cet expédient. Vers la fin,même pour sa sieste de l’après-dîner, il va s’étendre au fondd’une barque qu’habituellement il trouve partout à sa disposi-tion.

Tous les habitants de Saint-Pétersbourg étaient d’ailleurspourvus, à son exemple et par ses soins, de moyens de loco-motion aquatique. Aux fonctionnaires de premier rang, il a

(1) Golikof, t. I, p. 28.

(2) Pylmef, p. 379.

(3) Archive russe, 1875, t. II, p. 47.