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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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LES FEMMES.

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« pas eu pitié de moi? Est-ce possible que tu ne doives plus« me revenir? Qui, pauvre moi, m’a séparée de toi? Qu’ai-je« fait à ta femme? Quel tort lui ai-je causé ? En quoi vous ai-je« offensés? Pourquoi, ô chère âme, ne m’avoir pas dit en« quoi j’ai pu déplaire à ta femme, et pourquoi l’avoir écoutée?« Pourquoi m’avoir abandonnée? Assurément je ne t’aurais« pas séparé de ta femme ! Et tu l’écoutes ! O ma lumière,« comment ferai-je pour être sans toi? Comment ferai-je pour« rester dans ce monde? Pourquoi m’âs-tu mise dans cette« détresse ? Ai-je été coupable en quelque chose, sans le sa-li voir ? Pourquoi ne m’as-tu pas dit ma faute ? Tu pouvais me« frapper pour me punir, me châtier je ne sais comment pourii cette faute que je ne connais pas! Au nom de Dieu, ne« m’abandonne pas ! Arrive ici ! Je meurs d’être sans toi ! »

Et quelques jours plus tard :

ii Que ne suis-je morte ! Que ne m’as-tu plutôt mise enh terre avec tes mains !... Pardonne, pardonne, ô mon âme...« ne me laisse pas mourir! Je me tuerai!... Envoie-moi, ô« mon cœur, envoie-moi la veste que tu aimes à porter. Pour-« quoi m’as-tu abandonnée ? Envoie-moi un morceau de pain« dans lequel tu auras mordu. Comme tu m’as abandonnée !« Comment ai-je pu t’offenser assez pour que tu me laissesii ainsi orpheline, malheureuse... «

Neuf de ces lettres ont figuré au dossier de l’enquête. Ellesne sont pas de la main d’Eudoxie. L’ex-Tsarine les a dictées àla nonne Kaptelina, sa confidente, qui, de son côté, les apo-stillait, en essayant d’apitoyer l’infidèle sur les souffrances dela matouchka. Mais sur chaque feuillet l’imprudent Glébof aapposé de sa main un certificat d’origine : « Lettre de la tsa-rine Eudoxie. « Les deux bagues pareilles ont été aussi retrou-vées en possession des coupables. Les dépositions des nonneset domestiques du monastère, interrogés en grand nombre,ont été absolument concluantes : Glébof venait sans cesse chezEudoxie, de jour et de nuit; ils s’embrassaient devant tout lemonde, puis, éloignant les témoins, restaient seuls pendant delongues heures. Enfin, Eudoxie a tout avoué.