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L’OEUVRE.
noncer, à donner le change à l’opinion publique. Mavtiéiefsera chargé d’arranger à sa façon, pour les lecteurs de laGazette de Hollande et ceux des mémoires qu’il adresse auxÉtats généraux, la bataille de Narva et ses conséquences.Entourés dans le camp russe par des forces supérieures, lesSuédois ont été amenés à capituler ; quelques officiers russesont voulu alors présenter leurs hommages au roi de Suède,qui en a traîtreusement profité pour s’emparer de leurs per-sonnes (1). L’Europe ne fera qu’en rire ; mais cette prétenduecapitulation, que les Suédois sont accusés d’avoir violée, serviraplus tard de prétexte à Pierre pour en violer d’autres, consen-ties par lui-même (2). A Vienne, le comte Kaunitz sourit aussien entendant le prince Galitsine lui expliquer que « le Tsarn’a pas besoin de prouver sa gloire militaire par des victoires » ;mais, interrogé par le vice-chancelier sur les conditions queson maître voudrait obtenir de son adversaire victorieux, lediplomate russe n’hésite pas à réclamer la plus grande partiede la Livonie, avec Narva, Ivangrod, Kolyvan, Koporié,Derpt (3), et l’avenir prouvera qu’il ne demande pas trop !
L’avenir ne tarde pas même beaucoup à récompenser un sibeau courage. Pour commencer, Charles XII a renoncé àpoursuivre immédiatement en Russie l’avantage obtenu.Pierre l’a vu avec délices s’enfoncer dans les plaines de laPologne. La détermination du roi de Suède, contraire, dit-on,à l’avis de ses généraux, a été vivement critiquée. Guiscardla trouvait parfaitement justifiée, en tant que le Roi ne s’étaitpas encore débarrassé d’Auguste, au moyen d’une paix quecelui-ci se montrait tout disposé à négocier par l’entremise deGuiscard lui-même. Mais à cet égard Charles demeurait sourdaux remontrances et aux supplications du diplomate français.Pourquoi? « Il craignait de manquer d’ennemis », répond Guis-card (4). Et, comme il ne pouvait s’avancer en Russie en tour-
(1) Lamberty, t. I, p. 263. '
(2) Ibid., t. VI, p. 288.
(3) Odstiualof, t. IV, p. 84.
(4) Dépêche du 1 er juin 1701. (Aff. étr. de France. — Suède.)