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L’OEUVRE.
avantages, s’étendant et se fortifiant aussi bien en Ingrie qu’enLivonie. En juillet 1704, Pierre assiste à la prise de Dei’pt;en août, il prend sa revanche de Narva en emportant la villeaprès un assaut meurtrier, et déjà, en novembre 1703, àl’embouchure de la Néva, un hôte impatiemment attendu aparu : un bâtiment de commerce étranger, avec un chargementd’eau-de-vie et de sel. Le gouverneur de Pùerburg, Menchikof,a offert au capitaine un banquet et un présent de cinq centsflorins, trente écus à chacun des matelots (1).
Charles XII s’attarde en Pologne, où par contre les affairesvont de mal en pis pour Auguste. Une diète réunie en février1704 à Varsovie a proclamé sa déchéance. Après la candida-ture de Jacques Sobieski, écartée par un guet-apens dans le-quel le roi détrôné a fait tomber le fils du libérateur de Vienne,Charles a fait prévaloir celle de Stanislas Leszczvnski. Il est lemaître. Et s’il ne s’occupe pas pour le moment de la Russie etde son souverain, celui-ci commence à s’inquiéter des consé-quences que cette prise de possession en Pologne et en Saxepourra avoir pour lui. Évidemment Charles finira par revenirsur ses pas, et une rencontre de Chérémétief avec Lowen-haupt à Hemauerthorf, en Courlande (15 juillet 1705), met enévidence ce fait que, sauf le cas d’une disproportion énormedes forces engagées de part et d’autre, l’armée russe est encorehors d’état de supporter le choc d’une troupe suédoise biencommandée. Blessé grièvement lui-même, Chérémétief laissecette fois sur le carreau toute son infanterie (2).
Que faire alors? Travailler encore, accroître ses ressourceset son expérience; les Chérémétief se montrant au-dessous deleur tâche, demander à l’étranger des généraux, des instruc-teurs, des techniciens; puis patienter toujours, esquiver touterencontre hasardeuse; essayer aussi d’obtenir la paix en gar-dant une part du terrain conquis; négocier. Les années 1705-1707 sont remplies pour Pierre : au dedans par un immense
(1) Gazette de Moscou, 15 décembre 1703.
(2) Adlerfeld, Jlist. militaire de Charles XII, Paris, 1741, t. II, p. 522;Oustrialof, t. IV, p. 376.