DE NARVA A POLTAVA.
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effort.d’organisation militaire et économique, au dehors parune campagne diplomatique ardemment poursuivie aux quatrecoins de l’Europe. Je reviendrai sur la première partie dece rude labeur; je n’ai que quelques mots à dire ici de laseconde.
III
La tâche de la diplomatie russe demeurait fort ingrate en-core à ce moment. Les cabinets européens en étaient toujoursau point où les avait mis en 1700 la honteuse défaite de Narva.A Vienne, le prince Pierre Galitsine, abreuvé de dégoûts, de-mandait son rappel comme une délivrance. Matviéief, quicriait misère à la Haye, n’ayant que deux mille roubles par anpour y faire figure d’ambassadeur, était chargé de négocier unemprunt en échange d’un corps d’armée contre la France. Onlui demandait si les troupes qu’il avait à offrir « étaient cellesqui avaient fait capituler le roi de Suède » . Les Hollandais,gens pratiques et avisés, voyaient d’ailleurs d’un mauvais œilles nouveaux établissements de la Russie sur la Baltique. En1705, Matviéief risquait un vovage à Paris, où le Tsar n’avait,depuis 1703, qu’un résident sans caractère, Postnikof. Ilavouait naïvement qu’on ne le prenait pas au sérieux (1).Dimitri Galitsine poursuivait depuis 1701 à Constantinoplela confirmation du traité négocié par Oukraïntsof, réclamanten surplus la libre navigation de la mer Noire. Hélas! lesTurcs ne voulaient même jras admettre l’arrivée des envoyésrusses à Stamboul parla voie d’eau, leur eau! Ils acceptaientpourtant, pour la première fois, la permanence d’un ministrerusse à Andrinople ; mais Pierre Tolstoï, appelé à occuper leposte, essayait en vain de les engager à une diversion du côté
(1) Solovief, t. XV, p. 44-69.
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