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L’OEUVRE.
relevé le prestige de ses armes et a paru couronner d’un pre-mier succès son alliance avec le roi de Pologne. Ignorant cequi s’est passé à Altranstadt cinq jours auparavant et traînantà sa suite l’allié félon, qui dérobe sa trahison, Mencbikof abattu avec lui sous les murs de lvalisz le corps suédois de Mar-defeldt. Mais aussitôt la nouvelle de la défection transpire.Pierre reste seul en face de son redoutable adversaire, auquelles troupes de Menchikof sont loin de pouvoir tenir tête.
Dans ses relations avec le roi de Pologne, le Tsar a notoire-ment manqué de clairvoyance d’abord et ensuite de tact.Depuis plusieurs années déjà le charme qui unissait ces deuxhommes si peu faits pour s’entendre a cessé d’opérer. Pierrea entrevu tout ce que l’autre cachait de misère morale sous sesdehors brillants, et Auguste s’est aperçu qu’en acceptant commeprix de son alliance un subside annuel, porté en 1703 à300,000 roubles, il a fait un marché de dupe. Deux jours aprèsla signature du traité qui lui a assuré cette rétribution (12 octo-bre), Charles s’emparait d’Elbing etlevait sur cette seule priseune contribution de 200,000 écus! Encore le subside, trèsirrégulièrement payé toujours, a fini par ne pas l’être du tout.Pierre manque d’argent. Aussi, dès l’année 1702, avec sa légè-reté et sa fourberie coutumières, Auguste s’est jeté dans la voiedes négociations isolées. En janvier, son ancienne maîtresse,Aurore de Ivoenigsmark, mère du grand Maurice, a paru dansle camp de Charles XII, sur la frontière de la Courlande et dela Samogitie. Elle en a été, il est vrai, pour les frais de sonvoyage, le héros s’étant obstinément refusé à une entrevue, etelle a dû se consoler en rimant ces vers :
* D’où vient, jeune l\oi, qu’avec tant de mérite
Vous ayez peu de vrai bonheur... »
Après quoi, toujours en vers, elle s’est trouvée dans le casde prodiguer ses consolations à Auguste lui-même, l’assurantque l’amitié d’un roi aussi vertueux que celui de Suède valaitplus que la couronne de Pologne (1).
(1) LiMBER'l'Y, t. IV, p. 292.