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L’OEUVRE.
et la résistance des Cosaques, qui veulent rester chez eux, levoici très mal à l’aise. Gentilhomme polonais de naissance,élevé par les Jésuites, ayant servi le roi de Pologne Jean-Casi-mir et prêté serment au Sultan, il n’a aucune raison de faire àPierre le sacrifice de ses intérêts, voire de sa vie. L’approchede Charles XII le met dans la crainte d’être abandonné par lessiens, livré aux Polonais, comme son prédécesseur, Nalevaïko.En 1705 encore il a décliné les offres de Leszczynski, non sansrappeler au Tsar que cette tentation, honnêtement repoussée,était la quatrième (1). Depuis, il a réfléchi. Les plaintes de sesCosaques ont augmenté. Pierre ne s’est-il pas avisé de vouloirenvoyer deux de leurs régiments en Prusse, pour y apprendrel’exercice à l’allemande ! Invité par le prince Wisniowieçki,un magnat polonais de la Wolhynie, à servir de parrain à safille, Mazeppa s’est lié dans sa maison avec la mère du prince,remariée à un prince Dolski. L’âge — Prokopovitch lui donnecinquante-quatre ans, Engel soixante et Nordberg soixante-seize — n’a pas éteint son ardeur. Mme Falbowska, aussi mal-traitée que lui-méme par un mari férocement jaloux (aurapport de Pasek, le pan Falbowski, en rentrant chez safemme par la fenêtre que Mazeppa avait laissée ouverte audépart, l’a abordée « avec des éperons attachés aux genouxpour la circonstance » ), Mme Falbowska a été remplacéenombre de fois. La princesse Dolska a fait mine d’abord deplaider uniquement la cause de Leszczynski, à laquelle elleaurait voulu concilier l’appui du Tsar. Puis elle a démasqué sonjeu : il s’agissait de soutenir Leszczynski et son protecteurvictorieux, même contre Pierre. Mazeppa commença pars’emporter contre la « baba » (vieille commère) ; mais elleétait femme de ressources ; des propos qu’elle laissa tombernégligemment lui firent dresser l’oreille. Étant à Léopol,elle s’était rencontrée avec les généraux misses Chérémétiefet Roenne, et leur avait entendu prédire la prochaine déposi-tion du hetman, son remplacement par Menchikof. La suppo-
(1) Solovief, t. XV, p. 289.