Buch 
Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
Entstehung
Seite
351
JPEG-Download
 

DE NARVA A POLTAVA.

351

Au commencement de 1709, les effectifs de Charles ontfondu à vingt mille hommes à peine. Sans oser encore labor-der, les Russes lentourent dun cercle de jour en jour plusétroit, enlevant les postes avancés, coupant les lignes de com-munication. Pour se donner de lair, le roi de Suède estpoussé à se mettre en campagne dès le mois de janvier. Ilperd inutilement mille hommes et quarante-huit officiers pourprendre Wespjik, une bicoque (6 janvier). A ce moment,Mazeppa considère déjà la partie comme perdue, et, cherchantune fois de plus à se retourner, il offre à Pierre de livrerCharles, moyennant la restitution de sa charge. Marchéconclu. Malheureusement, une lettre du vieux traître adresséesimultanément à Leszczynski tombe entre les mains du Tsar etle fait reculer : lhomme offre trop peu de sûreté décidé-ment (1). Au mois de mars, lapproche des Suédois savançantsur Poltava décide les Cosaques du Zaporojé à se joindre àeux. Mais ce nest quun soulèvement partiel ; à coups dexé-cutions militaires énergiquement opérées par Menchikof etde manifestes contre les étrangers hérétiques, « qui nient lesdogmes de la viaie religion et crachent sur limage de lasainte Vierge », Pierre en a promptement raison. La prise dePoltava reste la suprême ressource de Charles. U faut y entrerou mourir de faim.

La ville est mal fortifiée ; mais larmée des assiégeants nestplus celle qui a combattu sous les murs de Narva. Elle a troplongtemps joui des gras quartiers de la Saxe et de la Polognepour supporter lépreuve de cette campagne deffroyablemisère. Avant davoir combattu sérieusement, elle est, commea été larmée russe sous Narva, vaincue par la démoralisation.Même dans létat-major et dans lentourage intime de Charles,la confiance dans son génie et dans son étoile a disparu.Ses meilleurs généraux, Rehnskôld, Gyllenkrook, son chan-celier, Piper, Mazeppa lui-même se prononcent contre la pro-longation dun siège qui menace de traîner. Charles sobstine :

(1) Solovief, t. XV, p. 361.