DE LA BALTIQUE A LA CASPIENNE.
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la paix. — En guerre encore. — VI. La frontière orientale. — La route desIndes. — Insuccès des premières tentatives de ce côté. — Le système despetits paquets. — Nouvelles tentatives militaires et diplomatiques du côté dela Perse. — Volynski. — La grande expédition de 1722. — Pierre la conduit enpersonne. — La prise de Derbent. — Retraite forcée. — Intervention de laTurquie et de l’Angleterre. — Entente provisoire. — Les Arméniens réclamentla protection du Tsar. — La clientèle chrétienne d’Orient. — Encore un essaid’acheminement vers l’Extrême-Orient. — L’expédition de Madagascar.— Lesdirections et les limites naturelles de la puissance colonisatrice en Russie. —La mort de Pierre y ramène ses héritiers.
I
La victoire de Poltava a entouré Pierre, son armée et sonpeuple d’un rayonnement de gloire, dont l’éclat se prolongeraau delà du grand règne et du siècle ; le vainqueur n’en retire pasle bénéfice auquel avec raison il semblait attacher le plus deprix : la paix. Pour l’obtenir, il lui faudra encore douze annéesde temps et une dépense proportionnée d’efforts et de sacri-fices nouveaux. De ceci, Pierre lui-même, les lacunes de sonintelligence et les défaillances de son caractère paraissent res-ponsables en grande partie. Sa ligne de conduite est toutetracée à ce moment; logiquement, naturellement, impérieu-sement, elle s’impose à sa volonté. A défaut d’entente possibleavec le vaincu, il doit poursuivre et consolider ses avantages,achever la conquête de la Livonie, prendre pied en Finlande,et, ayant ainsi retiré de la lutte tout le bénéfice qu’il pouvaits’en promettre, ne s'inquiéter et ne s’embarrasser d’autrechose, ni de son allié saxon qui l’a trahi, ni de son alliédanois qui le premier a abandonné le combat. La logique, lanature des choses, l’empire des circonstances cèdent, dans sonesprit, à la poussée d instincts irréfléchis qu’il est inhabile àgouverner. Sans motif plausible, assurément même sans undessein nettement conçu et arrêté, le voici lancé à corps perdudans une carrière d’aventures, dans un élan d’expansion uni-verselle, où la Russie n’aura que faire de le suivre à cetteheure, où lui-même ne sera visiblement guidé que par un