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L’OEUVRE.
jusqu’à la paix de Nystadt, c’est le chaos et le gâchis. Lafortune de la Russie, la patience héroïque de son peupleet, il faut le dire aussi, la persévérance et la vigueur de sonchef finiront par s’v faire jour; mais la trouée coûte cher,et elle est si inutile !
De Kief, où il s’est rendu après Poltava, Pierre va en Polo-gne, où les grands seigneurs du pays, le fietman Sieniawski entête, lui font un triomphant accueil, comme au défenseur vic-torieux de la liberté polonaise ! En octobre, il se rencontre àThorn avec Auguste, qui depuis longtemps déjà est un repenti.Le roi félon n’a pas attendu la défaite suprême de Charles pourchercher à se raccommoder avec son adversaire. Après une peuglorieuse équipée, qui l’a conduit, lui et son fils Maurice, sousles murs de Lille, en mercenaires suivant un corps de neufmille hommes loué aux alliés contre la France, il s’est ravisé.Il a envoyé le général Goltz à Pétersbourg, attiré le roi deDanemark, Frédéric IV, à Dresde, fait en personne le voyagede Berlin ; au commencement de juillet 1709, il s’est retrouvéen possession de trois alliés. L’alliance avec la Russie, défen-sive et offensive contre la Suède, lui a garanti le trône de Po-logne, en même temps qu’un brevet du Pape le délivrait desobligations contractées à Altranstadt, y compris le devoird’obéissance envers Leszczvnski (l). Celui-ci a dû suivre,depuis, la fortune des armes suédoises, se retirant en Pomé-ranie avec le corps d’armée de Krassow.
Ainsi la quadruple coalition, ce rêve de Patkul, est mainte-nant mise sur pied. Pour la curée. Et Pierre en est devenunaturellement le chef. A Thorn même, le Danemark lui offreune alliance directe, par l’entremise d’un envoyé extraordi-naire, le comte de Rantzau. Cette alliance, le ministre du Tsarà Copenhague, Dolgorouki, la sollicitait naguère moyennantde forts subsides : trois cent mille écus comme entrée de jeu,cent mille pour les années suivantes et des matériaux pour laflotte, des matelots, d’autres avantages encore ! Il n’est plus
(1) IIfrrmakn, G. 7?., t. IV, p. 247; Boettiger, Geschichte Saxons, Ham-bourg, 1830, t. II, p. 250.