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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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DE LA BALTIQUE A LA CASPIENNE.

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question de tout cela maintenant. Lamitié de la Russie aenchéri sur le marché européen. « Je nai donné rien, ni unhomme, ni un sol », écrit Dolgorouki en octobre, en annon-çant la signature du traité (l).

Sur le terrain des opérations militaires, Pierre marche aussidabord de succès en succès. Riga, quil assiège lui-même ennovembre, et il lance de ses mains les trois premièresbombes, résiste, il est vrai ; mais, lannée suivante, en juin,Wiborg, attaquée simultanément parterre et par mer, le Tsarfaisant office cette fois de vice-amiral, est amenée à capituler,et, en juillet, Chérémétief finit par emporter aussi Riga. Ivex-holm, Pernau, Àrensberg, Revel ouvrent tour à tour leursportes ou sont emportées dassaut ; la Carélie, la Livonie,lEsthonie sont conquises, et la Courlande soffre delle-mêmeaux conquérants : le duc régnant, Frédéric-Guillaume, sollicitela main dune des nièces du Tsar, xVnna Ivanovna.

Mais soudain des nouvelles alarmantes arrivent du sud. EnTurquie, la diplomatie de Charles a battu celle de Tolstoï, àcoups darguments sonores. Après la mort de Mazeppa, legrand vaincu sest trouvé riche : Voïnarowski lui a prêtéquatre-vingt mille ducats, puisés dans les barils qui ont suivile hetman dans sa fuite ; cent mille écus lui sont encore venusdu Holstein ; deux cent mille dun emprunt consenti par lesfrères Cook, de la Compagnie anglaise du Levant ; quatre centmille du grand vizir Numan-Ivuprioli. Il a pu armer ainsiconvenablement ses deux agents, Poniatowski et Neugebauer,un transfuge celui-ci, ancien précepteur dAlexis, poussé à ladésertion par les mauvais traitements. Le ministre du Tsar,réclamant la livraison ou tout au moins larrestation du roide Suède, na trouvé, lui, que vingt mille ducats et quel-ques peaux de zibeline pour tenter la vertu du mufti ! Tolstoïfinit par risquer un ultimatum, et aussitôt la guerre est dé-cidée, le 20 novembre 1710, en séance solennelle du divan.Le ministre russe se voit prisonnier aux Sept-Tours.

(1) Solovief, t. XV, p. 391