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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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DE LA BALTIQUE A LA CASPIENNE.

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« dans son carrosse à cause de sa blessure, et là, entre le car-« rosse du général et celui de la baronne d’Osten, où était« madame Bouche (femme d’un général-major), il fut convenu« que le feld-maréchal écrirait une lettre au grand vizir pouril lui demander une trêve (1). » Le journal de Hallart, con-firmé par celui du ministre danois, Juel, qui a recueilli letémoignage du général (2), est formel dans le même sens.D’après Juel, il est faux même que Catherine se soit dépouilléede ses pierreries pour coopérer à la séduction du vizir ; elles’est bornée à les distribuer aux officiers de la garde, espérantles mettre ainsi à l’abri, et les a réclamés ensuite.

De façon ou d’autre, la catastrophe est conjurée. Aprèsavoir renvoyé sans réponse un premier parlementaire, le vizirconsent à traiter. Chafirof va lui porter, de la part du Tsar,des conditions en rapport avec la position respective des deuxarmées : reddition de toutes les places conquises sur la Tur-quie dans les guerres précédentes, restitution de la Livonie àlà Suède et même des autres pays du littoral, à l’exception del’Ingrie et de Pétersbourg (pour Pétersbourg, Pierre consent,s’il le faut, à céder Pskof, d’autres villes même au cœur de laRussie !); rétablissement de Leszczynski, indemnité de guerre,présents au Sultan. Il revient et rapporte la paix presque pourrien : l’abandon d’Azof, la destruction de quelques fortins voi-sins,l’engagement de ne plus se mêler des affaires de Pologne,le libre retour du roi de Suède dans ses États. D’après Hammer,qui a consulté les sources turques, la valeur du bakchiz reçuà cette occasion par le vizir et partagé avec le kiaïa, n’amême pas dépassé 200,000 roubles (3) ! L’historien allemandcroit à l’intervention de Catherine et à l’effet produit par sesdiamants. Une bague ayant appartenu à la future Tsarine aété retrouvée plus tard dans les effets du kiaïa. Mais le viziret le kiaïa pouvaient tout prendre, Pierre, sa femme et sonarmée !

(1) Mémoires, t. I, p. 79 et suiv.

(2) Iuel, Voyage, Copenhague, 1893, p. 422.

(3) Geschichte d. Osmanischen Reichs, Pesth, 1828, t. VII, p. 157,