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L’OEUVRE.
dernier corps suédois tenant encore campagne sous Stenbock.
L’année suivante n’est pas meilleure. Un rapprochemententre l’Angleterre et la France se dessinant au congrèsd’Utrecht, Pierre va à Hanovre, pour engager l’Électeur dansses intérêts. Il n’en tire que de bonnes paroles. Il se rabat surla Prusse, où le roi Frédéric I er vient de mourir. La Prusse asuivi jusqu’à présent un système que l’on pourrait résumerainsi : ne rien faire, mais tâcher d’obtenir quand même quel-que chose ; laisser les autres se battre et profiter de la bagarrepour s’adjuger une part du butin. Elle s’est laissé offrirElbing, sans donner autre chose en échange que d’assez vaguespromesses. Pour aller plus loin, elle ne demandait pas moinsqu’une anticipation précoce sur l’œuvre du grand Frédéric :le partage immédiat de la Pologne (I). Une visite au nouveauroi Frédéric-Guillaume met Pierre à même de se convaincreque le changement de règne n’a modifié en rien, de ce côté,les principes politiques.
De retour à Pétersbourg, en mars 1713, il se décide à frap-per personnellement un grand coup, en attaquant la Finlande,
« cette mère nourricière » de la Suède, ainsi qu’il l’ap-pelle (2). L’événement prouvera qu’il est le mieux servi enfaisant lui-même ses affaires. Abo, la ville principale du pays,est prise presque sans résistance en août; en octobre, Apraxineet Michel Galitzine battent les Suédois à Tammerfors. Mais enAllemagne, par contre, la campagne de 1713 n’a été heureuseque pour la Prusse, qui n’y a pris part qu’avec ses convoitises.Enfermé à Tônningen, Stenbock a été amené à capituler le4 mai devant Menchikof et les alliés, et la reddition de Stettins’en est suivie ; mais les vainqueurs se disputant le bénéficede la victoire, la Prusse, qui a refusé son artillerie aux assié-geants pour prendre la ville, a consenti généreusement à lesmettre d’accord en y introduisant une garnison, et le traité deséquestre, qui lui a valu cette aubaine, comprend aussi IUigen,Stralsund, Wismar, toute la Poméranie ! En retour, il est vrai,
(1) Droysen, Geschichte der Preussichen Politik, IV e partie, I re division, p. 340.
(2) Lettre à Apraxine, 30 octobre 1712. Cabinet, s. I, 1. 14.