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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L’OEUVRE.

L’écliec de Gœrtz tient à cette coïncidence fatale. La Francese dérobant, Pierre tente un rapprochement avec l’Angle-terre. Mais en février 1717, le ministre de la Suède à Lon-dres, Gyllenborg, est arrêté sous prévention d’entente avec leprétendant, et le résident russe, Viesselovski, se trouve im-pliqué dans l’accusation. Il se justifie tant bien que mal, et leTsar dépêche Kourakineà sa rescousse, avec l’offre d’un traitéde commerce avantageux, comme préliminaire d’une alliancepolitique ; mais aussitôt on réclame de l’envoyé un autre pré-liminaire : l’évacuation du Mecklembourg. Pierre est forcé dereconnaître qu’il n’v a rien à faire pour lui de ce côté : le roid’Angleterre et l’électeur de Hanovre s’entendent pour le re-pousser de l’Allemagne et de la Baltique. Il se rabat de nou-veau sur la France, et, au mois de mars 1717, il se décide à ytenter personnellement la fortune. Des avis favorables luisont arrivés de Berlin : la Prusse paraît disposée à s’entre-mettre pour une entente et même à y participer. Je parleraiplus loin avec quelque détail du séjour du Tsar sur les bordsde la Seine et du succès qu’y rencontreront ses tentatives di-plomatiques personnelles. Il sera médiocre. Pourtant, en re-venant à Amsterdam de Paris, où ils auront accompagné lesouverain, ses ministres, Golovkine. Chafirof et Ivourakine, si-gneront, avec Châteauneuf pour la France et CnyphausenpourlaPrusse, un traité, dont le trait essentiel consistera dans l’accep-tation de la médiation française pour mettre fin à la guerre duNord. Et c’est encore l’idée de Gœrtz qui triomphera ainsi.

Le diplomate antipathique a conquis les sympathies per-sonnelles du Tsar. Pierre consent à le voir en secret au châ-teau de Loo et y entre de plain-pied dans ses projets. Le char-geant de ces propositions pour une paix séparée avec Charles,il prend l’engagement de ne pas agir avant trois mois, et c’estavec des passeports du souverain russe que Gœrtz va àRevel, pour rejoindre de là son maître en Suède. Les consé-quences de ce nouvel imbroglio diplomatique se développe-ront rapidement. Au commencement de janvier 1718, l’atten-tion du monde politique à Pétersbourg est éveillée par le