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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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DE LA BALTIQUE A LA CASPIENNE.

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départ inopiné du général Bruce, grand maître de l’artillerie, etdu conseiller de chancellerie Ostermann. Où vont-ils? Le pré-sident hollandais, de Bie, observe que Bruce a fait emballer« des habits nouveaux et riches et de la vaisselle d’argent * .Gomme on le sait très économe, ce luxe a paru suspect, et lesu gros mots et emportements » avec lesquels Ostermann arépondu aux questions discrètes du résident de HanovreWeber, affirmant qu’il se met en route pour une tournée d’in-spection, ne le rassurent point (1). En mai l’Europe entièresait à quoi s’en tenir : Bruce et Ostermann pour la Russie,Gœrtz et Gyllenborg pour la Suède, se sont réunis à Alandpour traiter de la paix. Pour couper court aux querelles depréséance, on a abattu une cloison séparant deux pièces etplacé la table des conférences au milieu, moitié dans unechambre, moitié dans l’autre. Il sera plus difficile de s’enten-dre sur l’objet de la réunion. Gœrtz réclamant le statu quo ante,l’abandon de toutes les conquêtes faites sur la Suède, et Pierrene consentant qu’à évacuer la Finlande, on est loin décompté.Il est vrai que le Tsar se montrait très large par ailleurs,offrant tous les équivalents que la Suède voudrait prendre surles possessions allemandes du roi d’Angleterre, à charge pourelle, bien entendu, de s’en assurer la possession. Mais il l’yaiderait; il appuierait même au besoin la cause du prétendanten Angleterre. Les Suédois paraissant faire peu de cas de cesavantages, il recommandait à ses plénipotentiaires d’essayerde la corruption. Gyllenborg n’était pas homme sans doute àrefuser un lot de bonnes terres en Russie. Mais on lui dit queles Hanovriens ont de leur côté corrompu le ministre suédoisMiller. Il en est naïvement outré (2). Des bruits qui circulentsimultanément sur un soulèvement populaire provoqué enRussie par le procès du tsarévitch Alexis, l’obstination deCharles XII, dont les espérances sont ainsi réveillées, la diffi-culté de reprendre Stettin à la Prusse, que le roi de Suède neveut plus abandonner, mettent à une entente rapide un ob-

(1) De Bie à Heinsius, 21 janv. 1718. Archives de la Haye.

(2) Lettre à Kourakine du 27 sept. 1718. Archives Kourakine, t. 1, p. 4.