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L’OEUVRE.
stade plus sérieux, et la catastrophe de Frederikshald survient,coupant court aux négociations. Charles est tué (10 décem-bre 1718). Accusé de connivence avec la Russie au détrimentdes intérêts suédois, emprisonné et mis en jugement par lesordres d’Ulrique-Éléonore, qui, mariée au prince héritier deHesse-Cassel, Frédéric, prend la succession de son frère,Gœrtz monte à l’échafaud. La grande crise du Nord entre dansune phase nouvelle.
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On se remet à négocier à Aland, le baron Lilienstaedt yremplaçant Gœrtz, et Pierre y envoyant Iagoujinski avec despropositions plus engageantes, qui vont jusqu’à l’abandon dela Livonie. Comme elles ne suffisent pas encore, des moyensextrêmes de coercition sont mis en œuvre par le Tsar : en juil-let 1719, une énorme flotte russe, 30 vaisseaux, 130 galères,100 petits bâtiments, opère une descente sur la côte suédoise,et, pénétrant à l’intérieur du pays, le général-major Lascy ybrûle cent trente-cinq villages, des moulins, des magasins,des usines sans nombre. Un parti de Cosaques s’avance à unelieue et demie de la capitale. Mais l’ombre héroïque de Charlesplane sur sa patrie. Le gouvernement et le peuple résistentvaillamment à l’épreuve. Ostermann se présentantà Stockholmen parlementaire, le prince de Hesse-Cassel et le président duSénat, Kronhelm, lui déclarent qu’ils sont prêts à faciliter ledébarquement des troupes russes, en vue d’une rencontre dé-cisive qui viderait le débat. Brême et Werden, cédés enfin auHanovre, ont gagné en même temps à Ulrique-Éléonore l’appuide l’Angleterre. La cour de Vienne, brouillée avec celle dePétersbourg par l’affaire du tsarévitch Alexis, accentue sesanciennes dispositions, qui sont en faveur de la Suède, parjalousie de la Prusse. En juin 1720, l’influence du cabinet deLondres vaut à la Suède sa réconciliation avec le Danemark,