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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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DE LA BALTIQUE A LA CASPIENNE.

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moyennant une indemnité de six cent mille ducats et la cessiondu péage du Zund, contre la remise de toutes les conquêtesdanoises en Poméranie et en Norvège. A la Haye, Kourakineest réduit à rechercher l’appui de l’Espagne! Et le résidentfrançais La Vie écrit de Pétersbourg :

« Les mouvements inquiets du Tsar, joints aux transports« dont il est possédé, sont une marque de la violence des« passions dont il est agité... Les fonctions de la nature sont« interrompues par une insomnie qui ne lui laisse aucun repos,« et ceux qui sont auprès de sa personne font courir le bruit« que les spectres en sont la cause, voulant couvrir le sujet deu ses inquiétudes, qui n’est que trop visible (1). »

Ce sujet si apparent, c’est le résultat de vingt années d’ef-forts que Pierre voit compromis par la défection des alliésimprudemment associés à sa fortune victorieuse et ne son-geant qu’à lui disputer le prix de ses victoires; et c’est l’âmeet c’est la chair de tout un peuple, épuisé, mis à bout deforces par cette guerre interminable, qui crient dans les affresnocturnes du souverain. Voilà à quoi l’ont amené ses liaisonsavec les grandes puissances européennes, ses essais de poli-tique à grande allure en leur compagnie, et tout l’attirail d’unediplomatie de grand apparat emprunté à leurs traditions.

Les grandes puissances, heureusement pour lui, ont plus ledésir de lui faire payer cher son imprudence et sa présomp-tion que les moyens d’v réussir. En mai 1720, une escadre an-glaise commandée parNorris est arrivée en vue de Revel avecune attitude menaçante. Elle a opéré sa jonction avec la flottesuédoise, mais, après quelques tentatives d’intimidation, ellen’a fait que brûler une isba et une bania (bain) construites pardes ouvriers dans un îlot voisin. Pendant ce temps, un déta-chement russe conduit par le brigadier Mengden a opéré unenouvelle descente en Suède, incendiant mille vingt-six maisonsde paysans. « C’est une perte sensible, écrit à ce sujet Men-« chikof, que celle que les deux flottes réunies ont causée à

(1) 6 juin 1719. Aff. étr. de France.