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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L’OEÜVRE.

« Votre Majesté dans l’île de Nargin ; mais, tout bien consi-« déré, on peut en faire son deuil, abandonnant Yisba à la« flotte suédoise et la bania à l’anglaise. »

C’est maintenant le tour de la France d’entrer en scène;mais son intervention plus efficace s’exercera d’une manièretoute pacifique et dans un sens également salutaire pour lesintérêts des deux pays également assoifés de paix. Elle aboutit,en avril 1721, à une nouvelle réunion de plénipotentiairesrusses et suédois à Nystadt. Campredon, qui a fait récemmentle voyage de Saint-Pétersbourg à Stockholm avec l’assentimentdu Tsar, leur a préparé les voies. Du côté de la Suède on nes’obstine plus guère qu’à écarter du compromis le duc deHolstein, avec lequel Pierre a pris encore des engagementstéméraires. Ce prince est bien devenu, depuis la mort de sononcle, l’héritier légitime de la couronne de Suède, et Pierrea eu l’idée de faire valoir et d’exploiter au profit de la poli-tique russe ses droits méconnus. Charles-Frédéric est venuen juin 1720 à Pétersbourg sur une invitation du Tsar, ya reçu l’accueil le plus flatteur, et la main de la tsarevnaAnne, fille de Pierre, lui a été promise, offerte presque. Ca-therine, affirme-t-on, lui a déclaré publiquement « qu’elleserait heureuse de devenir la belle-mère d’un prince dontelle aurait pu être la sujette, si la fortune n’avait pas trahi laSuède (1)» .

En matière de promesses, il est vrai, les traditions de l’écolebyzantine aussi bien que celles de l’école occidentale mettentle souverain russe fort à l’aise, et il jettera lestement par-des-sus bord le malheureux duc, ses droits, ses ambitions et sesespérances. Le 3 septembre 1721 , un courrier arrive àWiborg, apportant au Tsar la nouvelle de la signature de lapaix. La Livonie, l’Esthonie, l’Ingrie, une partie de la Carélieavec Wiborg, une partie de la Finlande, sont acquises défini-tivement à la Russie, moyennant une indemnité de deuxmillions d’écus. La Pologne du côté de la Russie, l’Angleterre

(1) Solovief, t. XVII, p. 269.