Buch 
Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
Entstehung
Seite
381
JPEG-Download
 

PE LA. BALTIQUE A LA CASPIENNE.

381

du côté de la Suède, sont comprises dans le traite'. Il n’y estpas question du duc de Holstein.

La grande évolution de la puissance moscovite, la fin de lapériode orientale et continentale dans son histoire, le com-mencement d’une période occidentale et maritime sont con-sommés. L’Europe politique s’est accrue décidément d’unfacteur, qui comptera de plus en plus dans ses futures desti-nées. Et Pierre est arrivé au terme de son rude labeur, de sonterrible apprentissage. 11 peut savourer les acclamations deson peuple, qui, surmené, exténué et épouvanté en dernierlieu, l’a suivi quand même jusqu’au bout et partage maintenantsa joie débordante, son immense soulagement. Il revientaussitôt à Pétersbourg, remontant la Néva et faisant continuel-lement sonner les fanfares, tirer les trois canons de son yacht.La foule accourt au débarcadère de la Troïtsa. Elle aperçoitde loin le Tsar, debout à l’avant du navire, agitant un mouchoiret criant : Mir! Mir! (La paix!) Il saute à terre, leste et bon-dissant, comme aux jours de son adolescence, et court aussi-tôt à l’église de la Trinité, où un service de grâces est célébré.Pendant ce temps, sur la place devant le temple, une estradede bois s’est dressée rapidement; on y a amené des tonneauxde bière et d’eau-de-vie; Pierre y monte, après avoir payé sontribut de reconnaissance à Dieu, parle en termes émus dugrand événement, et, vidant un verre d’eau-de-vie, donne lesignal des libations triomphales (1). Les officiers de la marineviennent le complimenter, et le prient d’accepter le graded’amiral, qui est comme une consécration du nouveau rôle etde la nouvelle place conquise pour le pays et pour son chefdans la Baltique. Il consent de bonne grâce. Le Sénat, à sontour, lui fait hommage de trois titres nouveaux : « Père de laPatrie — Pierre le Grand — Empereur. » Il hésite cette fois.Ses prédécesseurs et lui-même ont déjà été tentés à ce sujet.Dès le seizième siècle, la prétention de faire reconnaître dansle mot tsar un équivalent de César ou de Kaiser est née en

(1) Ciioubinski, Récits historiques 9 p. 31 et suiv.