DE LA BALTIQUE A LA CASPIENNE.
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un bénéfice moral, d’une portée plus lointaine, mais indéfinie.Il veut que cette lutte de vingt années ait été surtout uneécole, «à triple et cruelle durée d’études « , ainsi qu’il en parledans une des lettres adressées comme à l’ordinaire à sesamis pour leur annoncer l’heureux événement. Et savoirn’est rien ; il faut profiter, et sur l’heure, de ce qu’on a appris.Quoi? Repartir en guerre? Pourquoi pas? Comme il ne se sentpas las lui-même, il en viendra vite à méconnaître la lassitudedes siens. Et voici qu’une nouvelle entreprise militaire le tente,avec des horizons encore plus étendus que ceux que la « fenêtreouverte sur l’Europe » du côté de la Baltique a mis devant sesyeux. A le suivre, l’historien lui-même se sent presque àbout d’haleine.
VI
En luttant pour reculer les limites de son empire et de soninfluence du côté de l’Occident, Pierre n’a pas perdu de vuesa frontière orientale. Dès 1691, le bourgmestre d’Amster-dam, Nicolas Witsen, a attiré son attention, par l’entremisedu résident hollandais à Moscou, sur l’importance des relationscommerciales à établir entre la Russie et la Perse. En 1692, levoyage du Danois Isbrand en Chine a fait époque pour la con-naissance de ce pays. Un des collaborateurs les plus dévouésde Pierre pour la construction des vaisseaux et des canaux,l’Anglais John Perry, s’est appliqué de son côté à étudier le lit-toral de la Caspienne, où, depuis le milieu du dix-septièmesiècle déjà, Astrahan est devenu un entrepôt important pourle commerce de l’Arménie et de la Perse. Des tentatives renou-velées à plusieurs reprises pour conquérir le marché de Pékin,où à la même époque une église russe a été fondée, n’ont pasdonné, il est vrai, de résultat. Envoyé là-bas comme ambas-sadeur, en 1719, le colonel lsmaïlof s’est heurté à l’opposition